Les émissions pourraient grimper de 50 % d'ici 2050 selon l'OCDE

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre pourraient grimper de 50 % d'ici 2050 si des politiques climatiques plus ambitieuses ne sont pas adoptées. En effet, les énergies fossiles continuent de dominer le bouquet énergétique, a fait savoir l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un récent rapport.

EURACTIV.com / Reuters
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Les émissions mondiales de gaz à effet de serre pourraient grimper de 50 % d'ici 2050 si des politiques climatiques plus ambitieuses ne sont pas adoptées. En effet, les énergies fossiles continuent de dominer le bouquet énergétique, a fait savoir l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un récent rapport.

Si le bouquet énergétique reste tel qu'il est aujourd'hui, les carburants fossiles répondront à environ 85 % de la demande énergétique en 2050, ce qui impliquerait une augmentation de 50 % des émissions de gaz à effet de serre et un accroissement de la pollution de l'air urbain, a prévenu l'OCDE dans ses perspectives de l'environnement à l'horizon 2050 publiées hier (15 mars).

En 2050, l'économie mondiale sera quatre fois plus importante qu'aujourd'hui et le monde utilisera environ 80 % d'énergie en plus.

Le bouquet énergétique mondial ne devrait cependant pas beaucoup changer par rapport à celui d'aujourd'hui, selon ce rapport.

Les carburants fossiles comme le pétrole, le charbon et le gaz représenteront 85 % des sources énergétiques. Les énergies renouvelables, y compris les biocarburants, devraient compter pour 10 % et le reste du bouquet serait représenté par l'énergie nucléaire.

En raison de cette dépendance vis-à-vis des carburants fossiles, les émissions de dioxyde de carbone générées par la consommation d'énergie devraient croître de 70 %, ce qui contribuerait à une hausse des températures moyenne de 3 à 6 degrés Celsius d'ici 2011, bien au-delà de l'objectif de 2 degrés fixé par la communauté internationale.

Les émissions atteignent des taux record

Les émissions mondiales de dioxyde de carbone générées par la consommation d'énergie ont atteint le record de 30,6 gigatonnes en 2010, et ce malgré la crise économique qui a entraîné une réduction de la production industrielle.

Selon certaines estimations, le coût de l'inaction climatique pourrait entraîner une baisse de jusqu'à 14 % de la consommation par tête d'ici 2050.

De nombreuses vies humaines pourraient également être mises en péril, dans la mesure où les décès prématurés causés par la pollution pourraient doubler pour atteindre 3,6 millions par an, a écrit l'OCDE dans son rapport.

La demande en eau pourrait croître de 55 % et 40 % de la population mondiale pourraient donc être appelés à vivre dans des bassins hydrographiques soumis à un stress hydrique élevé. En outre, la biodiversité terrestre devrait enregistrer un recul supplémentaire de 10 %.

Pour éviter les pires conséquences du réchauffement climatique, une action climatique mondiale devrait être lancée en 2013, un marché mondial du carbone devrait être mis sur pied, le secteur énergétique devrait générer moins de carbone et toutes les techniques de pointe à moindre coût, comme la biomasse et la capture du carbone, devraient être explorées.

Marchés du carbone

Il est toutefois peu probable qu'un accord international sur le climat entre en vigueur avant 2020 et les marchés du carbone ne devraient pas être reliés d'ici là. Il sera donc plus difficile de ne pas dépasser la limite des 2 °C et les émissions devront chuter rapidement après 2020 pour rattraper ce retard.

Les promesses actuelles de réduction des émissions à l'échelle internationale ne seront pas suffisantes pour limiter la hausse des températures et une action au niveau national est donc nécessaire, a déclaré l'OCDE.

Dans son rapport, l'organisation avance que la définition d'un prix clair et à long terme pour les émissions de carbone via des mécanismes basés sur le marché, comme les systèmes d'échange des émissions ou les taxes carbone, pourrait stimuler les investissements dans des technologies qui émettent peu de carbone.

La solution la moins coûteuse au changement climatique serait de fixer un prix mondial pour le carbone. Pour cela, les systèmes d'échange d'émissions nationaux et régionaux devraient s'unir.

L'abandon des subventions inefficaces allouées aux carburants fossiles pourrait en outre jouer en faveur de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables, ce qui pourrait permettre d'augmenter les revenus réels mondiaux de 0,3 % d'ici 2050, peut-on encore lire dans ce rapport.