Les Espagnols se cabrent contre les mesures d’austérité
Plus de 100 000 personnes ont protesté à Madrid. La cure d’amaigrissement budgétaire touche principalement les classes moyennes, pendant que Mariano Rajoy continue d’étouffer les conséquences du plan de sauvetage.
Plus de 100 000 personnes ont protesté à Madrid. La cure d’amaigrissement budgétaire touche principalement les classes moyennes, pendant que Mariano Rajoy continue d’étouffer les conséquences du plan de sauvetage.
La crise franchit un nouveau cap en Espagne, à travers une mobilisation massive contre le plan d’austérité de 65 milliards d’euros voté le 19 juillet par la chambre des députés. Il touche principalement les classes moyennes : augmentation de la TVA de 18% à 21%, diminution des indemnités de chômage, coupes dans les salaires des fonctionnaires, etc.
Plus de 100 000 personnes se sont déversées dans les rues de Madrid, selon le quotidien espagnol El Pais. Un mouvement d’ampleur qui s’est étendu à de très nombreuses autres villes et dont le pays n’est pas coutumier.
Aujourd’hui 20 juillet, les ministres des Finances de la zone euro vont préciser les conditions attachées aux prêts européens servant à renflouer les banques espagnoles.
En réalité, elles sont déjà connues, tant la presse s’est employée à les relayer à travers trois documents-clés : un mémorandum d’accord, une proposition préparée par le Fonds européen de stabilité financière et un projet d’accord entre le fonds de secours et le gouvernement espagnol.
De nouveaux rachats de dette ?
Malgré ces fuites, en provenance d’Allemagne et des Pays-Bas, le premier ministre espagnol Mariano Rajoy se refuse à expliciter clairement les conséquences du plan de secours bancaire.
Le contraste est d’autant plus brutal, car ce sont les parlements des autres pays européens qui débattent et votent un sauvetage qui affecte principalement l’Espagne, déplore El Pais.
Le Parlement néerlandais, le Bundestag allemand et le Parlement finlandais ont voté les conditions à travers lesquelles le système financier espagnol sera régi, alors que le Parlement espagnol l’ignorait.
Le plan, d’un montant de 100 milliards d’euros, est subordonné à 32 conditions à cheval entre le secteur bancaire (refonte des pouvoirs d’inspection de Banque d’Espagne, augmentation des fonds propres des établissements bancaires…) et les politiques économiques (augmentation des impôts, réforme des abattements fiscaux pour l’achat de logements etc).
Les prêts européens, d’un montant de 100 milliards d’euros, pourraient être recyclés au-delà du secteur bancaire.
Depuis l’annonce des réformes brutales par Mariano Rajoy, les marchés s’emballent. Ces derniers jours, les taux d’intérêt espagnols franchissent la barre des 7%, un seuil critique invitant au rachat de dette… C’est justement l’usage qui pourrait être fait du reliquat d’aide non utilisée pour les banques.