Les États membres de l’UE peinent à contrôler l’afflux de colis Temu et Shein
Un rapport de la Commission européenne publié jeudi 28 août révèle que plusieurs États de l’UE ne procèdent pas à suffisamment de contrôles douaniers pour protéger le marché unique contre les produits dangereux vendus en ligne.
Depuis plusieurs années, l’Union européenne fait face à une augmentation croissante des colis bon marché issus du commerce en ligne, alimentée par l’essor de plateformes chinoises à prix cassés telles que Temu et Shein. Cette croissance est telle que certains pays semblent ne plus suivre la cadence en ce qui concerne les contrôles douaniers.
Ce rapport de la Commission, le premier requis en vertu de la législation européenne de 2019 sur la surveillance du marché, met en lumière les grandes disparités dans la manière dont l’augmentation du nombre de colis provenant de places de marchés en ligne est gérée par les autorités douanières de l’UE.
Il révèle que si le nombre de contrôles douaniers effectués dans l’ensemble du bloc est en augmentation, le nombre de colis contenant des marchandises potentiellement dangereuses augmente de manière significative, et ce plus rapidement.
Selon le rapport, trois pays ne contrôlent qu’un nombre inférieur à dix colis par million de colis entrants. Et le nombre de contrôles effectués par les pays varie considérablement, certains effectuant plus de 100 fois plus de contrôles que d’autres.
Le rapport ne cite pas ces pays, rendant impossible leur identification. Un responsable de la Commission a déclaré jeudi que la divulgation des noms de ces pays les exposerait à des pratiques frauduleuses de la part de commerçants malhonnêtes. Il a également indiqué que la Commission menait un « dialogue approfondi » avec les pays les moins performants et évaluait actuellement les plans d’action qu’ils lui avaient soumis pour y remédier.
Parallèlement, les institutions de l’UE sont en train de négocier une réforme des règles douanières de l’Union, qui prévoit la mise en place d’un « centre de données » central reliant les autorités nationales.
Le responsable de la Commission a déclaré aujourd’hui que ce centre aiderait les autorités douanières et de surveillance du marché à mieux communiquer.
Les entreprises de commerce électronique devraient également se voir facturer des frais de traitement de 2 euros par colis entrant, dans le cadre du plan de réforme.