Les États membres du nord de l’UE cherchent à réduire les profits pétroliers de la Russie
Une coalition de six pays d’Europe du Nord souhaite que l’UE fasse pression en faveur d’un plafonnement international plus sévère des prix du pétrole russe dans le cadre du G7, selon une lettre consultée par Euractiv.
Une coalition de six pays d’Europe du Nord souhaite que l’Union européenne (UE) fasse pression en faveur d’un plafonnement international plus sévère des prix du pétrole russe dans le cadre du G7, selon une lettre consultée par Euractiv.
Malgré les sanctions en cours, les exportations de pétrole russe représentent une part importante du commerce de la Russie. En effet, la vente du pétrole brut et transformé rapporte au pays environ 400 millions d’euros par jour.
Le Danemark, la Finlande, la Suède et les trois pays baltes cherchent à réduire ces revenus.
« Le moment est venu de renforcer l’impact de nos sanctions en abaissant le plafond des prix du pétrole fixé par le G7 », peut-on lire dans la lettre adressée à la Haute représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas. Le baril de pétrole brut est actuellement plafonné à 60 dollars.
Le think tank Centre for Reasearch and Clean Air (CREA), basé à Helsinki, a suggéré qu’un plafond de 30 dollars aurait réduit les recettes pétrolières russes de 25 % en décembre. Cela aurait donc coûté 2,9 milliards d’euros au Kremlin.
Les six pays, tous membres du G7 en raison de leur appartenance à l’UE, estiment qu’il y a deux raisons pour lesquelles il serait judicieux de resserrer le plafond maintenant.
Premièrement, compte tenu de l’augmentation récente de l’offre mondiale de pétrole, un plafond plus strict aurait moins d’impact sur les prix à la pompe.
Deuxièmement, comme la capacité de stockage de la Russie reste faible, il serait difficile pour le pays de stocker du pétrole invendu, ce qui l’obligerait à vendre à prix réduit.
En décembre 2022, les pays du G7 avaient déjà convenu de plafonner le prix du pétrole russe à 60 dollars, en s’appuyant sur les compagnies d’assurance et de transport maritime pour le maintenir. Toutefois, cela a conduit la Russie à constituer une flotte fantôme de vieux pétroliers afin de contourner le régime de sanctions occidentales.
En réponse, la lettre demande également « une action accrue contre la flotte fantôme et des sanctions contre les acteurs qui facilitent le commerce du pétrole russe au-delà du plafond des prix ».
[Édité par Alice Bergoënd]