Les Etats-Unis demandent à l'Azerbaïdjan d'opter pour un gazoduc plus modeste

Une alternative plus modeste et moins coûteuse que le gazoduc Nabucco soutenu par l'UE pourrait être la meilleure solution pour acheminer le gaz de la région caspienne vers l'Europe. Le projet Nabucco jouit cependant toujours du soutien politique des Etats-Unis, a expliqué à Bakou un envoyé spécial de Washington responsable des questions liées à l'énergie eurasienne.

EURACTIV.com / Reuters
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Une alternative plus modeste et moins coûteuse que le gazoduc Nabucco soutenu par l'UE pourrait être la meilleure solution pour acheminer le gaz de la région caspienne vers l'Europe. Le projet Nabucco jouit cependant toujours du soutien politique des Etats-Unis, a expliqué à Bakou un envoyé spécial de Washington responsable des questions liées à l'énergie eurasienne.

Richard Morningstar, l'envoyé américain, a déclaré lors d'une conférence de presse dans la capitale azérie le 15 novembre que Nabucco jouissait toujours du soutien de Washington, mais que les questions d'ordre économique (dont l'adaptation potentielle du gazoduc aux volumes de gaz disponibles) devraient être prioritaires.

« Il est important que les producteurs de Shah Deniz et [de l'entreprise publique pétrolière azérie] SOCAR choisissent d'abord un pipeline plus modeste », a affirmé M. Morningstar suite à sa réunion avec le président azéri, Ilham Aliev.

« Le pipeline pourra être agrandi lorsque davantage de gaz sera disponible », a-t-il ajouté.

Trois consortiums ont soumis un projet pour assumer l'acheminement de gaz en Europe à partir de la seconde phase du gisement azerbaïdjanais de Shah Deniz.

Ils ont pour objectif d'offrir une alternative aux approvisionnements russes, considérés comme sujets à l'influence politique et vulnérables aux interruptions d'approvisionnement, comme ce fut le cas lors du conflit qui a opposé la Russie à des pays de transit comme l'Ukraine et le Bélarus.

Deux des projets en compétition, le gazoduc transadriatique (TAP) et l'interconnecteur Turquie-Grèce-Italie (ITGI), passeraient par la Grèce et pourraient rencontrer des difficultés dans le cas d'un défaut de paiement ou d'une sortie du pays de la zone euro.

L'Union européenne soutient le projet Nabucco, fort de 31 milliards de mètres cubes et d'une longueur de 3000 kilomètres, prévu pour acheminer du gaz à partir de la mer Caspienne et de fournisseurs du Moyen-Orient.

Toutefois, avec un coût estimé à 10 milliards d'euros, Nabucco n'est pas un projet « bon marché », a déclaré le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger, le 4 novembre.

Dans le débat concernant les différents itinéraires proposés, une option peu banale a émergé sous la forme d'un gazoduc soutenu par BP, l'un des partenaires de SOCAR à Shah Deniz.

L'autre partenaire à Shah Deniz est l'entreprise norvégienne Statoil qui mène le consortium TAP.

SOCAR et ses partenaires sur Shah Deniz prévoient d'opter pour un itinéraire d'acheminement de 10 milliards de mètres cubes de gaz par an à partir de Shah Deniz II d'ici la fin de cette année.

Shah Deniz renfermerait 1200 milliards de mètres cubes de gaz dans lesquels les entreprises européennes espèrent pouvoir puiser pendant plusieurs décennies pour réduire leur dépendance vis-à-vis de la Russie. La production a débuté en 2006, et la seconde phase est attendue pour 2017.

La Russie prévoit de mettre en place son propre itinéraire austral pour contourner l'Ukraine qui devrait déjà voir ses volumes de transit diminuer suite au lancement la semaine dernière de la première phase de Nord Stream, un gazoduc qui passe sous la Baltique et pourra transporter à terme 55 milliards de mètres cubes de gaz par an.

Une décision d'investissement définitive sur le gazoduc South Stream, qui passerait sous la mer Noire, a été prise plus tôt cette année.

L'Ukraine, qui avant le lancement de Nord Stream transportait 80 % des volumes de transit de la Russie vers l'Europe, s'est à plusieurs reprises insurgée contre le prix qu'elle paye à Gazprom pour le gaz, ce qui a mené à des interruptions d'approvisionnement en Europe en 2006 et 2009.

Une solution tente d'être trouvée pour que les gazoducs de transit situés en Ukraine soient contrôlés par une entité représentant la Russie, l'Ukraine et l'Union européenne, mais les discussions à ce sujet n'ont pas encore abouti.

Le résultat de ces négociations devrait avoir un effet sur la nécessité du projet South Stream et des options du « corridor Sud pour le gaz » en discussions pour le gaz azéri.