Les États-Unis discuteront de la défense de l’Ukraine sur une base aérienne allemande

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, organisera la semaine prochaine des discussions sur la défense de l’Ukraine avec ses alliés, sur la base aérienne de Ramstein, en Allemagne.

EURACTIV.com
US troop deployment at US Air Base in Ramstein
Un avion militaire américain décollant de la base aérienne américaine de Ramstein, en Allemagne, le 4 février 2022. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, organisera la semaine prochaine des discussions sur la défense de l’Ukraine avec ses alliés. Les échanges se tiendront sur la base aérienne de Ramstein, en Allemagne, a annoncé le Pentagone jeudi (21 avril), alors que la Russie continue d’augmenter ses effectifs dans le cadre de son offensive orientale dans le Donbass.

Cette annonce intervient alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fait remarqué, à plusieurs reprises, à l’Occident que son pays ravagé par la guerre avait besoin de davantage d’armes lourdes pour se défendre contre l’invasion de la Russie, qui menace son existence même. Il a également appelé les nations occidentales à imposer de nouvelles sanctions à Moscou.

« L’objectif est de réunir les parties prenantes du monde entier pour une série de réunions sur les derniers besoins [ukrainiens] en matière de défense et […] de veiller à ce que la sécurité et la souveraineté de l’Ukraine sur le long terme soient respectées et développées », a expliqué John Kirby, porte-parole du Pentagone, à propos de la réunion prévue mardi prochain (26 avril).

Cela devrait également inclure des considérations sur les besoins de l’Ukraine en matière de défense au-delà de la guerre actuelle.

« Nous pensons qu’il est temps d’avoir cette discussion également », a indiqué M. Kirby aux journalistes.

Cependant, l’accent sera probablement mis principalement sur la manière d’augmenter le soutien militaire additionnel à l’Ukraine à court terme.

Plus tôt ce jeudi (21 avril), le gouvernement américain a annoncé une nouvelle aide militaire de 800 millions de dollars pour Kiev, incluant des pièces d’avions de chasse, de l’artillerie et des drones. Depuis le début de la guerre lancée par la Russie, Washington a promis la livraison d’armes à l’Ukraine pour un montant de plus de 3,3 milliards de dollars, une partie de ces armes ayant déjà été livrée.

Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont accéléré la livraison de chars, d’hélicoptères et d’autres armes à l’Ukraine, alors que les forces du pays se préparent à des combats de grande envergure contre les troupes russes dans la région de Donbass, dans l’est de l’Ukraine.

Washington envoie de plus en plus d’armes lourdes à l’Ukraine, mais ce n’est pas le cas de l’Allemagne.

Le chancelier allemand Olaf Scholz fait l’objet de critiques toujours plus nombreuses dans son pays et chez ses alliés occidentaux pour les hésitations et l’incapacité de son gouvernement à livrer des armes lourdes à l’Ukraine afin de l’aider à repousser les attaques russes, alors même que d’autres alliés occidentaux intensifient leurs livraisons.

La Première ministre estonienne, Kaja Kallas, a publié cette semaine un tableau montrant le soutien apporté par divers pays à l’Ukraine, en tenant compte de leur performance économique.

Contrairement à d’autres alliés occidentaux, Berlin n’a pas fourni d’armes à l’Ukraine avant l’invasion russe du 24 février et a même empêché ses alliés d’envoyer du matériel militaire d’origine allemande, compte tenu de sa politique bien établie de non-exportation d’armes vers des zones de guerre.

Cette semaine, M. Scholz a promis la livraison d’armes antichars et antiaériennes provenant des stocks militaires allemands, qu’il a toutefois décrites comme des « armes défensives ».

Si le gouvernement refuse de détailler ce qu’il a effectivement envoyé jusqu’à présent, la Bundeswehr a envoyé des stocks pour un montant total de 83 millions d’euros, selon la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht.

Les observateurs considèrent que les pourparlers entre l’Ukraine et la base aérienne de Ramstein, dans le sud-ouest de l’Allemagne, la plus grande base militaire américaine en dehors des États-Unis, sont également l’occasion de pousser Berlin à prendre davantage d’engagements.

Selon les responsables américains, les livraisons d’armes occidentales et les prises de contrôle d’équipements militaires de la partie adverse sur le terrain ont commencé à se traduire par des avantages en matière d’armement pour l’Ukraine.

Selon le blog militaire Oryx, qui a réalisé l’un des suivis les plus complets à partir de photos et de vidéos vérifiées et géolocalisées sur les réseaux sociaux, en date du 21 avril dans la soirée, les troupes russes avaient perdu au moins 481 chars, dont 269 ont été détruits et 212 capturés par les opposants ukrainiens.

Du côté ukrainien, en revanche, 52 chars auraient été détruits et 73 seraient passés sous contrôle russe.

M. Kirby n’a pas précisé combien d’alliés participeraient aux pourparlers. Cependant, les membres de l’OTAN ne seraient pas les seuls à être invités, a-t-il ajouté.

Cette décision intervient après qu’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, au début du mois, a donné lieu à des consultations avec un large éventail de pays non membres de l’OTAN, tels que la Suède, la Finlande, l’Ukraine, la Géorgie, l’Union européenne ainsi que les partenaires de la région Asie-Pacifique.