Les eurodéputés allemands exigent l’exclusion de Forza Italia du PPE, s’il rejoint le gouvernement Giorgia Meloni
Trois eurodéputés allemands ont demandé l’expulsion du parti italien Forza Italia du Parti populaire européen (PPE) s’il venait à rejoindre le gouvernement de Giorgia Meloni. C’est ce que révèle une lettre publiée sur Twitter ce mercredi (5 octobre).
Trois eurodéputés allemands ont demandé l’expulsion du parti italien Forza Italia (Allez l’Italie) du Parti populaire européen (PPE) s’il venait à rejoindre le gouvernement de Giorgia Meloni. C’est ce que révèle une lettre publiée sur Twitter ce mercredi (5 octobre).
La première session plénière du Parlement européen après la victoire des partis de droite en Italie a dégénéré en un véritable bras de fer, le centre-gauche condamnant la nouvelle alliance entre le PPE et l’extrême droite en Italie.
Les socialistes ont attaqué le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi pour son alliance avec Fratelli d’Italia (Frères d’Italie) de Giorgia Meloni, que Iratxe Garcia Perez, la présidente du groupe des Socialistes et Démocrates au Parlement (S&D), a qualifié de « néo-fasciste » lors d’une conférence de presse mardi (4 octobre).
Raffaele Fitto, eurodéputé Fratelli d’Italia, a répondu à Mme Garcia Perez dans une note envoyée aux journalistes, qualifiant l’accusation concernant un « risque d’une dérive fasciste » d’« illusoire ». Pour sa part, l’eurodéputé de la Lega (la Ligue), Marco Zanni, a déclaré qu’« ils n’acceptent pas la leçon de moralité des [socialistes] » dans un discours prononcé lors de la session plénière de mercredi.
Fratelli d’Italia, la Lega et Forza Italia font partie, respectivement, des groupes Conservateurs et réformistes européens (ECR), Identité et démocratie (ID) et du PPE, bien qu’ils se soient présentés aux élections italiennes de 2018 et 2022 dans la même coalition de droite.
Accusation du S&D : les réponses d’ECR et ID
Mme Garcia Perez s’est dite préoccupée par les alliances dans différents États membres de l’UE de partis conservateurs avec des partis d’extrême droite.
« Les élections italiennes sont un exemple clair de la façon dont ces alliances se produisent. […] Forza Italia ne représentait pas vraiment plus de 8 %. C’était la sixième force politique en Italie. Cependant, ils ont ouvert la porte à une alliance avec l’extrême droite, et c’est donc un groupe néofasciste qui dirige aujourd’hui le gouvernement italien », a déclaré la cheffe de file du groupe S&D.
« Ce n’est pas une simple coïncidence, les premières personnes qui ont félicité [Giorgia] Meloni sont [Mateusz] Morawiecki, [Santiago] Abascal ou encore [Viktor] Orban lui-même », a-t-elle ajouté.
M. Fitto a répondu à Mme Garcia Perez qu’elle devrait plutôt « s’interroger sur les raisons réelles et profondes de la nette défaite électorale de la gauche en Italie ».
Deux jours avant les élections, M. Berlusconi a de nouveau défendu le président russe, Vladimir Poutine, faisant remarquer qu’il avait envahi l’Ukraine « pour mettre des gens décents » à la tête de l’Ukraine.
Mme Garcia Perez a déclaré : « Nous pouvons facilement correspondre à ce que seront les conséquences d’ouvrir la porte à ces forces politiques d’extrême droite. Ils ont des relations extraordinaires avec l’administration [de Vladimir] Poutine, et tout ce qui est lié à la Russie peut entraîner de réels problèmes, lorsqu’il s’agit d’unité au sein de l’Union européenne. »
Le chef de la délégation des eurodéputés italiens du Parti démocratique (Partito Democratico, PD), Brando Benifei, a déclaré à EURACTIV Italie lors d’un entretien après les élections que Forza Italia est « complètement asservi » à la Lega et Frattelli d’Italia.
Le président du PPE, Manfred Weber, a toutefois dédramatisé la question, confiant mardi aux journalistes que le PPE en Italie reste « le gardien » d’une approche pro-européenne.
« Le résultat de Forza Italia a été meilleur que prévu. Il a renforcé, en quelque sorte, la motivation à se battre pour une Italie pro-européenne », a ajouté M. Weber.
Des eurodéputés allemands contre Forza Italia
Dans leur lettre à M. Weber, trois eurodéputés allemands, la députée sociale-démocrate et ancienne ministre de la Justice Katarina Barley, l’eurodéputé écologiste Daniel Freund et le libéral Moritz Körner, ont déclaré que Forza Italia devrait être exclu du groupe PPE s’il venait à entrer au gouvernement avec un parti « qui appelle ouvertement à la discrimination contre les personnes et qui nie les crimes les plus atroces de l’histoire européenne ».
« Les valeurs européennes fondamentales ne doivent pas être sacrifiées afin d’acheter une participation au gouvernement », ont-ils déclaré.
« Les conservateurs d’Europe devraient être un élément essentiel du pare-feu contre les ennemis de droite de la démocratie. Nous ne devons pas permettre qu’il se délite et nous comptons sur votre soutien », peut-on lire dans la lettre.