Les eurodéputés demandent l’admission de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen et d'en finir avec la « discrimination »

Le Parlement européen a exhorté les États membres de l’espace Schengen, mardi (18 octobre), à admettre sans plus tarder la Roumanie et la Bulgarie dans l’espace de libre circulation de l’Union européenne.

EURACTIV Bulgarie
Dans une résolution, les eurodéputés ont indiqué que le Conseil devrait adopter une décision sur l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace de libre circulation du bloc avant la fin de l’année 2022. [[Henrik Montgomery/EPA]]

Le Parlement européen a exhorté les États membres de l’espace Schengen, mardi (18 octobre), à admettre sans plus tarder la Roumanie et la Bulgarie dans l’espace de libre circulation de l’Union européenne.

Dans une résolution, les eurodéputés ont indiqué que le Conseil devrait adopter une décision sur l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace de libre circulation du bloc avant la fin de l’année 2022.

Cela devrait garantir la suppression des contrôles sur les personnes à toutes les frontières intérieures pour les deux pays au début de 2023. La résolution a été adoptée par 547 voix pour, 49 voix contre et 43 abstentions.

Rappelant que l’espace Schengen est « l’une des plus grandes réalisations de l’Union européenne », les eurodéputés ont critiqué l’absence de décision du Conseil sur l’admission de la Bulgarie et de la Roumanie, alors que les deux pays remplissent depuis longtemps les conditions nécessaires.

Le maintien des contrôles aux frontières intérieures est discriminatoire et a un impact considérable sur la vie des travailleurs mobiles et des citoyens, estiment les eurodéputés.

Ils ont également ajouté qu’en entravant les importations, les exportations et la libre circulation des marchandises à partir des ports de fret, ils nuisent également au marché unique de l’UE.

Les eurodéputés ont rejeté les propositions des écologistes et de l’Irlandaise Claire Daly (groupe La Gauche) d’inclure dans la résolution la mention des violations des droits des migrants aux frontières bulgares et roumaines, ainsi que des cas de refoulement aux frontières.

Les amendements visant à demander aux autorités de prendre des mesures supplémentaires pour garantir les droits fondamentaux ont également été rejetés.

Actuellement, alors que la Croatie est en passe de rejoindre l’espace Schengen, les seuls États membres de l’UE qui restent en dehors de la zone de libre circulation de l’Union sont la Bulgarie, la Roumanie, Chypre et l’Irlande. L’espace Schengen comprend également des États non-membres de l’Union, à savoir l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein.

En 2011 déjà, le Parlement européen avait déclaré que la Roumanie et la Bulgarie étaient prêtes à adhérer à l’espace Schengen.

La Commission affirme également depuis longtemps que les deux États remplissent les critères techniques, mais comme la décision d’accueillir de nouveaux membres est prise à l’unanimité au Conseil, au moins un État membre s’est toujours opposé à l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, c’est notamment le cas des Pays-Bas.

La présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne a déjà fait savoir qu’elle tenterait d’obtenir l’unanimité concernant les candidatures de Sofia et de Bucarest en soumettant la question à un vote lors de la réunion des ministres de l’Intérieur du bloc en décembre et lors du sommet européen des prochains jours.

La semaine dernière, plusieurs États membres de l’espace Schengen ont envoyé des inspecteurs en Bulgarie et en Roumanie pour évaluer leurs progrès réalisés par les deux pays. Les résultats de ces inspections seront discutés au niveau des experts le 26 octobre.