Les Européens lancent un appel à la diplomatie dans un contexte de détérioration des relations avec l'Iran

Alors que les relations entre l’Union européenne et Téhéran sont tendues, des fonctionnaires européens ont rencontré leurs homologues iraniens cette semaine en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

Euractiv.com
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Le président sortant du Conseil européen, Charles Michel, a rencontré lundi 23 septembre le nouveau président iranien, Massoud Pezechkian, pour discuter de l’état des relations entre l’UE et l’Iran. [X/@CharlesMichel]

Alors que les relations entre l’Union européenne (UE) et Téhéran sont tendues, des fonctionnaires européens ont rencontré leurs homologues iraniens cette semaine en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

Le président sortant du Conseil européen, Charles Michel, a rencontré lundi 23 septembre le nouveau président iranien, Massoud Pezechkian, pour discuter de l’état des relations entre l’UE et l’Iran — décrites par un fonctionnaire de l’UE comme étant « au plus bas de leur histoire ».

Massoud Pezechkian est devenu président après la mort de son prédécesseur, Ebrahim Raïssi, dans un accident d’avion au début du mois de mai. Depuis lors, il a tenté de se présenter comme plus modéré.

Lors de la rencontre, Charles Michel a réitéré les « préoccupations de l’UE : livraison d’armes à la Russie, déstabilisation de la région par l’intermédiaire de mandataires, détention de citoyens de l’UE, programme nucléaire et état des droits humains ».

Il a ajouté avoir « également souligné l’importance de l’engagement et du dialogue pour éviter l’escalade ».

Au début du mois de septembre, des responsables occidentaux ont prévenu que l’Iran avait envoyé des missiles balistiques à la Russie pour la première fois, malgré les avertissements répétés contre une telle action. Téhéran nie toutefois ces allégations.

En réponse à cette annonce, l’UE a indiqué qu’elle avait présenté aux États membres des options permettant de prendre « un ensemble substantiel de mesures décisives et ciblées » à l’encontre de Téhéran.

Depuis son entrée en fonction, le nouveau président iranien a tenté de se distancier de l’affaire du transfert de missiles à la Russie qui a éclaté ces dernières semaines.

Selon Massoud Pezechkian, l’Iran est « prêt à s’asseoir avec les Européens et les Américains pour dialoguer et négocier », et ce malgré les allégations de livraison d’armes à la Russie.

Cet échange fait suite à la rencontre, ces derniers jours, de responsables européens et iraniens pour discuter de questions liées au nucléaire et aux sanctions occidentales à l’encontre de l’Iran.

Les responsables occidentaux restent toutefois sur la réserve et soulignent qu’ils n’envisagent pas de négociations sur la levée des sanctions à l’encontre de l’Iran dans un avenir proche, et encore moins avant l’élection présidentielle américaine de novembre.

« L’Iran est prêt à jouer son rôle en toute bonne foi [et] à aborder les questions d’intérêt mutuel par le biais d’une diplomatie respectueuse », a soutenu le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht Ravanchi, à l’issue de ses entretiens avec ses homologues européens.

Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a annoncé aux journalistes lundi 23 septembre qu’il rencontrerait probablement son homologue iranien en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York cette semaine.

« Nous devons garder les lignes de communication ouvertes », a déclaré Josep Borrell, soulignant l’arrivée d’un nouveau dirigeant iranien.

Il a également utilisé cet argument pour justifier la présence d’Enrique Mora, secrétaire général adjoint du service diplomatique de l’UE (Service européen pour l’Action extérieure, SEAE) et coordinateur des négociations avec l’Iran, à la cérémonie de prestation de serment du nouveau président iranien, en août.

La visite du membre du SEAE à Téhéran avait suscité l’indignation des diplomates de l’UE, et beaucoup l’avaient qualifiée d’inopportune, surtout à la suite des révélations sur les livraisons d’armes iraniennes à l’Ukraine.

Les États membres de l’UE avaient choisi d’envoyer leurs représentants basés à Téhéran à l’événement plutôt que de dépêcher leurs ministres des Affaires étrangères ou des fonctionnaires de haut rang.

La Commission européenne avait défendu la présence d’Enrique Mora, affirmant qu’elle servait à « transmettre les positions de l’UE sur tous les sujets de préoccupation ».

[Édité par Anna Martino]