Les extrêmes sont les plus favorables au Kremlin au Parlement européen
Les attitudes envers la Russie au Parlement européen varient en fonction du pays et de l’idéologie, selon de nouvelles données publiées jeudi (23 juin), les partis d’extrême gauche et d’extrême droite étant les plus favorables au Kremlin.
Les attitudes envers la Russie au Parlement européen varient en fonction du pays et de l’idéologie, selon de nouvelles données publiées jeudi (23 juin), les partis d’extrême gauche et d’extrême droite étant les plus favorables au Kremlin.
Les données compilées par le groupe Think tank Votewatch, visant à mesurer les niveaux de « fermeté à l’égard de la Russie » et basées sur un échantillon de plus de 280 votes au Parlement européen, montrent que les députés polonais, lituaniens et roumains ont voté pour les actions les plus sévères, tandis que les députés français, grecs et chypriotes ont adopté une position plus souple et plus accommodante à l’égard de Moscou.
Les données de Votewatch indiquent également que les partis qui adoptent une position plus souple et plus favorable à l’égard de la Russie ont tendance à venir de l’extrême gauche et de l’extrême droite du spectre politique.
Il s’agit notamment de législateurs représentant les partis communistes du Portugal, de Chypre et de la République tchèque et les Irlandais du parti Independents 4 Change, mais aussi du Rassemblement national de Marine Le Pen, ainsi que de nationalistes tchèques et néerlandais d’extrême droite.
Le parti de Mme Le Pen a emprunté environ 10 millions d’euros à des banques russes pour financer ses campagnes électorales, et Mme Le Pen elle-même a fait l’objet d’une controverse pendant la campagne présidentielle de cette année à cause d’un tract dans lequel on pouvait la voir serrer la main du président russe Vladimir Poutine.
Les données révèlent également quelques surprises.
Par exemple, malgré la réticence du gouvernement hongrois de Viktor Orban à accepter les sanctions de l’UE, les députés de son parti, le Fidesz, se sont joints aux législateurs hongrois de l’opposition pour critiquer le Kremlin. Il en va de même pour le parti Lega de Matteo Salvini en Italie, malgré les bonnes relations personnelles qu’entretient ce dernier avec le M. Poutine.
Les plus critiques à l’égard de la politique russe sont toutefois les partis conservateurs du groupe eurosceptique des Conservateurs et Réformistes Européens (CRE), notamment les Démocrates suédois et le parti espagnol VOX, ainsi que la plupart des partis appartenant au Parti Populaire Européen (PPE) de centre-droit.
Le comportement électoral des deux principaux partis allemands, les sociaux-démocrates, qui dirigent la coalition « feu tricolore » au pouvoir, et les chrétiens-démocrates, est également révélateur. Tous deux ont voté contre des mesures liées au gazoduc Nord Stream construit par la société russe Gazprom, qui a depuis été suspendu,
Les attitudes au sein du Parlement ont changé ces derniers mois, à mesure que l’étendue et l’impact de l’invasion russe sont devenus plus clairs.
Votewatch a souligné que les dernières résolutions votées par le Parlement ont été soutenues par la plupart des députés d’extrême gauche, un changement en comparaison avec les votes tenus avant et juste après le début du conflit. Parallèlement, le soutien à l’OTAN a également augmenté dans une grande partie de l’Europe, en plus des demandes d’adhésion faites par la Finlande et la Suède.
Par ailleurs, la Russie a intensifié son action politique et diplomatique depuis qu’elle a envahi l’Ukraine. Un débat parlementaire sur le rôle du gouvernement et du réseau diplomatique russes dans l’influence des partis d’extrême droite et d’extrême gauche européens, initialement prévu jeudi, a toutefois été reporté.
Les représentants des intérêts de sociétés telles que Gazprom, Lukoil et Rusal, qui ont déjà été interdites d’accès au Parlement européen, vont maintenant perdre leur accréditation pour faire pression sur les dirigeants de l’UE et les responsables de la Commission européenne et du Conseil.
Cette décision a été prise par la présidence française sortante du Conseil de l’UE (PFUE), qui a informé la semaine dernière les diplomates nationaux que les représentants des intérêts russes seraient suspendus du registre de transparence de l’UE.