Les Grecs interdits de manifestation en vertu d’une loi d’urgence
La Grèce a menacé d’arrêter des enseignants d’écoles secondaires s’ils participent à une grève nationale qui pourrait perturber les examens d’entrée commencés cette semaine dans les universités, selon le Journal officiel du gouvernement.
La Grèce a menacé d’arrêter des enseignants d’écoles secondaires s’ils participent à une grève nationale qui pourrait perturber les examens d’entrée commencés cette semaine dans les universités, selon le Journal officiel du gouvernement.
C'est la troisième fois de l'année que le gouvernement du premier ministre, Antonis Samaras, a eu recours à une loi d'urgence pour contraindre les manifestants à retourner au travail afin d'essayer de montrer aux bailleurs de fonds internationaux qui ont renfloué la Grèce que ce pays se cantonne à des réformes impopulaires.
La coalition menée par des conservateurs souhaite que les enseignants des écoles secondaires prestent deux heures supplémentaires par semaine et que 4000 d'entre eux soient envoyés dans des régions reculées de la Grèce afin de combler le manque d'effectifs.
Le syndicat représentant les enseignants, OLME, indique que, conformément au projet, environ 10 000 enseignants à temps partiel pourraient être licenciés dès la fin de leur contrat provisoire.
Il a appelé à une grève de 24 heures dès le début des examens le 17 mai et à des grèves tournantes la semaine suivante.
En vertu de la législation grecque, le gouvernement peut mobiliser par la force les travailleurs en cas de trouble de l'ordre public, de catastrophes naturelles ou de risques pour la santé des citoyens.
La coalition, au pouvoir depuis juin 2012, a utilisé de plus en plus ces compétences afin d'agir contre des grèves fréquentes contre l'austérité. Cette année, elle a interrompu des protestations de plusieurs semaines de marins qui ont provoqué une pénurie alimentaire sur les îles et de travailleurs du métro qui ont perturbé le transport dans la capitale.
L'OLME envisage d'organiser un rassemblement dans le centre d'Athènes lundi et a demandé aux principaux syndicats des secteurs privé et public, qui représentent près de la moitié de la main d'œuvre du pays,d’organiser une grève générale de solidarité le 17 mai.
Les enseignants recevront un ordre de mobilisation civile. Ce jour-là, ils devront se rendre au travail ou ils risquent d'être arrêtés.
Le ministre de l'éducation, Constantine Arvanitopoulos, a déclaré que l'interdiction de grève était nécessaire, car des étudiants avaient le « droit sacré » de passer des examens sans être perturbés.
L'opposition a demandé au gouvernement de retirer la loi et d'ouvrir le dialogue avec les enseignants après les examens.
« Ces menaces du premier ministre et de son gouvernement sont directement dirigées à l'encontre de la grande majorité des travailleurs et de la société », a indiqué dans un communiqué le parti Syriza, qui s'oppose au renflouement du pays.
Le gouvernement a brisé un tabou le mois dernier en acceptant le licenciement de 15 000 fonctionnaires d'ici la fin de l'année 2014, une demande importante de l'Union européenne et du Fonds monétaire international afin de recevoir davantage de prêts d'urgence.