Les groupes pharmaceutiques sous la loupe : suite et fin [FR]

On s’attend aujourd’hui à ce que la Commission européenne confirme les premières allégations selon lesquelles les grands groupes pharmaceutiques enfreignent les règles européennes de concurrence en empêchant l’entrée sur le marché européen des médicaments génériques, moins chers.

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On s’attend aujourd’hui à ce que la Commission européenne confirme les premières allégations selon lesquelles les grands groupes pharmaceutiques enfreignent les règles européennes de concurrence en empêchant l’entrée sur le marché européen des médicaments génériques, moins chers.

Le collège des 27 commissaires se réunit aujourd’hui (8 juillet) pour conclure une enquête longue d’un an sur le secteur pharmaceutique ; le rapport final compte 600 pages et un résumé de 25 pages pour les décideurs politiques.

L’enquête de la Commission a été lancée de manière spectaculaire en janvier l’an dernier avec un certain nombre de descentes inopinées dans les bureaux des plus importantes entreprises pharmaceutiques, y compris les britanniques GlaxoSmithKline et AstraZeneca, la française Sanofi-Aventis, ou encore le géant pharmaceutique américain Pfizer et la firme suisse Novartis AG (EURACTIV 17/01/08).

Une deuxième série de descentes a été conduite en novembre, quelques jours à peine avant la publication d’un rapport intérimaire de la Commission (EURACTIV 26/11/08).

Le but de cette intervention sans précédent de l’exécutif européen était de découvrir si des pratiques anticoncurrentielles dans ce secteur entravaient l’innovation et bloquaient l’entrée de génériques moins chers sur le marché européen.

Le rapport préliminaire met également en avant les stratégies de « grappe de brevets » – dans lesquels les entreprises font une demande pour plusieurs brevets pour le même médicament – et de « brevetage défensif », qui sont toutes deux destinées en premier lieu à prévenir les concurrents de développer de nouveaux médicaments (EURACTIV 28/11/08).

Mon pronostic n’est pas très optimiste vu que la Commission va où le vent souffle, a déclaré un lobbyiste d’une grande entreprise pharmaceutique qui préfère ne pas être nommé.

Pour l’exécutif européen, la priorité est celle des médicaments génériques et aux économies de court terme pour les Etats membres afin de contenir leurs dépenses de santé qui ont empiré avec la crise économique, a déclaré cette source.

Les grandes entreprises pharmaceutiques se plaignent depuis longtemps du fait que leurs marges financières pour conduire des dépenses de R&D toujours plus importantes aient été réduites par des règles autorisant les entreprises de génériques à copier des médicaments clé après leur mise sur le marché. 

Il en ressort que les groupes pharmaceutiques ont peu de temps pour tirer profit de leur recherche, dont ils disent qu’elle est devenue de plus en plus coûteuse au fil des années en raison des réglementations plus strictes pour la mise de médicaments sur le marché.

La recherche et développement coûte cher, c’est vrai, en particulier pour la propriété intellectuelle, a ajouté le lobbyiste, mais c’est la seule voie possible pour le développement des thérapies.

Sans recherche et développement, il n’y aura bientôt plus de produits à copier, a-t-il ajouté.