Les immunités parlementaires de Marc Tarabella et Andrea Cozzolino levées

Le Parlement européen a voté jeudi la levée des immunités des eurodéputés Marc Tarabella et Andrea Cozzolino, au cœur du scandale de corruption européen « Qatargate ». Les deux hommes devraient désormais être entendus par la justice belge.

Euractiv.com
EU Parliament votes to waive the immunity of Tarabella and Cozzolino
Lors de prises de paroles publiques ces dernières semaines, Marc Tarabella a toujours été en faveur de la levée de son immunité, affirmant ne pas vouloir « se cacher derrière » celle-ci. Jeudi, il a donc voté pour la levée de sa propre immunité. [OLIVIER HOSLET/EPA-EFE]

Le Parlement européen a voté jeudi la levée des immunités des eurodéputés Marc Tarabella et Andrea Cozzolino, au cœur du scandale de corruption européen « Qatargate ». Les deux hommes devraient désormais être entendus par la justice belge.

Mardi (31 janvier), la commission des affaires juridiques du Parlement (JURI) a approuvé à l’unanimité les rapports recommandant la levée des immunités du Belge Marc Tarabella et de l’Italien Andrea Cozzolino.

Les deux rapports ont été votés par l’ensemble du Parlement lors d’un vote à main levée jeudi (2 février).

Tout au long de la plénière, M. Tarabella n’était pas assis aux côtés de son ancien groupe politique, les Socialistes et Démocrates (S&D), qui l’ont exclu. Contraireemnt à M. Cozzolino, qui a quitté le groupe de son plein gré, il a fallu que M. Tarabella soit activement exclu. Les deux députés européens siègent maintenant en membres non-inscrits (n’appartenant à aucun groupe parlementaire).

Lors de prises de paroles publiques ces dernières semaines, Marc Tarabella a toujours été en faveur de la levée de son immunité, affirmant ne pas vouloir « se cacher derrière » celle-ci. Il a donc voté pour la levée de sa propre immunité.

Après le vote, il a déclaré aux journalistes que, bien qu’il ait souhaité parler à la presse, il a décidé de ne pas le faire « par respect pour la procédure judiciaire ».

« Je rappelle évidemment que je suis innocent dans cette affaire », a-t-il ajouté avant de réitérer qu’il s’adresserait à la justice avant de parler à la presse.

Maintenant que leurs immunités sont levées, les deux députés européens seront entendus par la justice belge.

La procédure de levée de l’immunité prend normalement des mois, mais le Parlement a agi rapidement sur ces deux dossiers. La demande de levée de l’immunité de M. Tarabella et M. Cozzolino a été émise par le procureur du parquet fédéral belge le 28 décembre et transmise au Parlement le 30 décembre.

Les charges retenues contre les deux hommes pourraient aboutir à leur condamnation pour « corruption publique », « participation à une organisation criminelle » et « blanchiment d’argent », rapportait hier L’Écho.

L’eurodéputée Manon Aubry (La Gauche), qui était rapporteure sur les deux rapports, a déclaré sur Twitter qu’elle était heureuse du résultat de ces votes, mais que si « la justice avance », la réponse politique reste toutefois « au point mort ». Une fois encore, elle a appelé à des réformes drastiques et immédiates pour lutter contre la corruption, accusant certains de vouloir « balayer la poussière sous le tapis ».

Dans un communiqué, elle estime que les « propositions ambitieuses » de la résolution adoptée en décembre ont été « piétinées », puisque le plan d’action de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, ne reprend que quatre des quinze mesures adoptées à la quasi-unanimité.

« Des points essentiels comme l’accélération de la mise en place d’une autorité éthique indépendante, la création d’une commission spéciale chargée de proposer des réformes éthiques, l’obligation de publier l’origine des propositions d’amendement suggérées par des lobbies ou encore la création d’un poste de vice-président en charge de la lutte anti-corruption ont “disparu”. »

La Française fait valoir que ces mesures impliquent « un autocontrôle des députés », s’appuient sur des « outils défaillants » tels que le registre de transparence et le comité consultatif sur le code de conduite, et ne sont pas assujetties à un « calendrier de mise en œuvre ».