Les marchés financiers, alternative possible à l'aide au développement en Afrique subsaharienne

Selon la Banque africaine de développement, les fonds de pension et les sociétés d'assurance sont en mesure de financer des projets d'infrastructures hors de portée pour les banques locales en raison de leur coût.

EURACTIV.fr

Selon la Banque africaine de développement, les fonds de pension et les sociétés d’assurance sont en mesure de financer des projets d’infrastructures hors de portée pour les banques locales en raison de leur coût.

Décriés en Europe pour leurs effets pervers sur l’économie, les marchés financiers peuvent en revanche donner un coup de pouce aux pays en développement.

Lors d’un colloque organisé par l’association Epargne sans frontières, mardi 16 avril, le ministre du Développement Pascal Canfin a lui-même reconnu l’utilité de l’innovation financière hors d’Europe. Elle serait susceptible d’attirer des investissements et de créer davantage d’activité économique.  

Une vision confirmée par un rapport de la Banque africaine de développement (BAD), rendu public vendredi 19 avril. Le document souligne le rôle potentiel des marchés financiers en Afrique subsaharienne, notamment pour les projets d’infrastructures routières, énergétiques, ou de communication.

Selon les estimations de la BAD, 68 milliards de dollars seront nécessaires d’ici 2020 pour couvrir les seuls projets à dimension régionale qu’elle considère comme prioritaires.

Obligations d’infrastructures

Mais l’aide internationale provenant des agences de développement ou des grands bailleurs de fonds ne comble pas ces besoins. Le secteur privé délaisse, lui, les infrastructures pour les placements dans les industries extractives, note la BAD.

Des « sources domestiques » pourraient cependant prendre le relais, à condition de développer les marchés financiers locaux.

Les obligations dites « d’infrastructures » pourraient trouver preneur parmi des fonds de pension ou des sociétés d’assurances présentes au niveau local.

Emises par un gouvernement ou par une entreprise privée, elles peuvent intéresser ces investisseurs qui recherchent des « project bonds » stables et rentables à long terme.

Marchés financiers preneurs

De manière générale, les émissions de dette des pays africains rencontrent de plus en plus de succès sur les marchés financiers, grâce, notamment, aux taux de croissance élevés des Etats, souligne la BAD.

Cependant, cette montée en valeur est freinée par un environnement institutionnel et monétaire parfois peu incitatif.

Les raisons qui empêchent le développement du secteur financier sont nombreuses : devises locales instables, inflation, opacité des procédures des marchés publics…

Capter l’épargne

La BAD invite à suivre le modèle de certains pays asiatiques ou sud-américains.

Ainsi, au Chili, les fonds de pension et les compagnies d’assurance détiennent 90 % du stock des obligations d’infrastructures.