Les marchés rassurés par les propos conciliants de Donald Trump sur la Fed et la Chine
Les marchés boursiers sont en hausse mercredi 23 avril, après des propos conciliants de Donald Trump à la fois sur sa guerre commerciale avec Pékin et sur ses menaces de limoger le patron de la Fed, provoquant un détente des taux d'intérêt aux États-Unis.
Les marchés boursiers sont en nette hausse mercredi 23 avril, après des propos conciliants de Donald Trump à la fois sur sa guerre commerciale avec Pékin et sur ses menaces de limoger le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), provoquant un forte détente des taux d’intérêt aux États-Unis.
Vers 11h20 GMT, en Europe, Paris bondissait de 2,21 %, Francfort de 2,63 % et Londres de 1,04 %. Milan gagnait 1,39 %.
À Wall Street, les contrats d’avant séance laissaient aussi présager d’une ouverture en forte augmentation pour les principaux indices.
Ces contrats à terme progressaient pour les trois indices: +1,68 % pour le Dow Jones, +2,33 % pour le SP 500 et +2,77 % pour le Nasdaq.
« L’espoir d’un sursis dans la guerre commerciale provoque une vague de confiance », résume Susannah Streeter, responsable des marchés financiers chez Hargreaves Lansdown.
Le président Donald Trump a reconnu mardi 22 avril devant la presse que les surtaxes de 145 % qu’il a lui-même imposées aux produits chinois étaient « très élevées » et qu’elles allaient « baisser de façon substantielle ».
« Elles ne resteront en aucun cas proches de ce chiffre », a-t-il dit. « Nous allons être très gentils, ils vont être très gentils et nous verrons bien ce qui se passe », a ajouté le milliardaire républicain.
Lors d’un échange à huis clos organisé par la banque JP Morgan Chase à Washington, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a estimé que la situation actuelle n’était pas tenable pour les deux pays, a rapporté à l’AFP une source présente dans la salle.
« Cela suffit pour soulager quelque peu la pression et donner un coup de pouce aux marchés boursiers », explique Andreas Lipkow, analyste indépendant.
Le pétrole profitait aussi de ce sursaut, les investisseurs espérant un ralentissement économique moins marqué et donc une demande plus forte d’or noir. Vers 11h20 GMT, le baril de WTI américain gagnait 1,02% à 64,32 dollars et celui de Brent de la mer du Nord prenait 0,97 % à 68,10 dollars.
Accalmie entre Trump et la Fed, les taux reculent
Autre point rassurant : le président américain a déclaré qu’il ne comptait finalement pas limoger le patron de la banque centrale américaine (la Fed), Jerome Powell, malgré de récentes menaces qui avaient fait chuter les Bourses en début de semaine.
Cette prise de parole offre, elle aussi, « un peu de répit aux marchés », explique John Plassard, spécialiste de l’investissement pour Mirabaud.
Le marché de la dette américaine, pénalisé ces dernières semaines par une perte de confiance des investisseurs, en profite logiquement. Le taux d’intérêt de l’obligation d’État à dix ans, référence, reculait nettement, atteignant vers 11h20 GMT 4,30 %, contre 4,40 % la veille en clôture.
Le dollar a lui aussi rapidement bénéficié mardi matin du revirement du président américain. Mais le répit a été de courte durée: vers 11h20 GMT, il reculait de 0,22 % à 1,1397 dollar pour un euro.
Le billet vert dégringole depuis plusieurs semaines, perdant près de 5% face à la monnaie unique européenne depuis début avril, en raison de la perte de confiance des investisseurs dans l’économie et la politique américaine.
Le « risque que Trump puisse se débarrasser de Powell avant la fin du mandat de ce dernier va continuer d’attiser l’incertitude », explique Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.
L’or, valeur refuge par excellence, reculait de 1,48% à 3.330 dollars l’once vers 11h20 GMT, après avoir dépassé la veille 3.500 dollars pour la première fois de son histoire en raison des incertitudes.