Les ministres de la Défense du G7 tendent pour la première fois la main aux BRICS
Les ministres de la Défense du G7 ont réitéré leurs appels au respect du droit international lors de leur réunion inaugurale samedi 19 octobre, quelques jours avant la rencontre des membres du BRICS en Russie.
Les ministres de la Défense du G7 ont réitéré leurs appels au respect du droit international lors de leur réunion inaugurale samedi 19 octobre, quelques jours avant la rencontre des pays du BRICS en Russie.
« Aucune des crises actuelles ne peut être résolue avec succès en l’absence d’une intention commune de la part de la communauté internationale », a déclaré Guido Crosetto — ministre italien de la Défense et hôte de la réunion — à l’issue de la réunion qui se déroulait à Naples.
« Nous voulons inclure les pays des BRICS qui reconnaissent le droit international et la souveraineté territoriale », a-t-il ajouté.
Le groupe des BRICS, initialement composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud a vu son nombre d’États membres augmenter avec l’arrivée, en 2024, de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de l’Éthiopie et de l’Iran.
L’appel de Guido Crosetto aux pays du groupe pour qu’ils respectent l’ordre international et s’alignent sur les vues des dirigeants occidentaux intervient juste avant que ces pays ne se réunissent en Russie la semaine prochaine.
Entre-temps, la toute première discussion entre les ministres de la Défense du G7 — auquel participent le Canada, l’Italie, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Japon, les États-Unis et l’Union européenne — a eu lieu alors que le Moyen-Orient est au bord d’une guerre de grande ampleur et que l’Ukraine est sur le point d’entrer dans un troisième hiver de guerre avec la Russie.
La réunion s’est également déroulée dans un contexte où Israël a demandé à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) de se retirer de ce qu’il considère comme une zone de combat, arguant que le Hezbollah, allié du Hamas, est basé au Liban. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a également désigné le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, comme « persona non grata ».
Israël continue à bombarder le Liban, ce qui a eu un impact sur la zone des forces de maintien de la paix de la FINUL. Les dirigeants européens et les États-Unis ont condamné ces attaques, dont une incursion des forces de défense israéliennes dans la station de la FINUL pendant laquelle cinq Casques bleus ont été blessés.
Dans leur communiqué, les ministres de la Défense du G7 « ont souligné la nécessité d’une désescalade immédiate le long de la Ligne bleue entre Israël et le Liban, conformément au mandat des Casques bleus de l’ONU, afin d’éviter tout risque éventuel », a annoncé le ministre italien.
Josep Borrell — le chef de la diplomatie européenne —, présent à la réunion, a déclaré que « [le mandat de] la mission de la FINUL doit peut-être être revu, mais la première chose à faire est de conclure un cessez-le-feu ».
Au niveau de l’ONU, le chef des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix , a expliqué à Euractiv le mois dernier que l’ONU se « préparait à un rôle adapté pour la FINUL afin de soutenir l’adaptation de cet accord s’il voit le jour ».
« Le G7 ne suffit pas, l’OTAN non plus. C’est vrai pour toutes les crises dans le monde. Nous devons élargir le consensus et un petit groupe de pays ne suffit pas, d’où l’importance de l’ONU », a affirmé Guido Crosetto.
« Aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire de renforcer le rôle et la crédibilité des Nations unies », a-t-il ajouté.
L’ONU est également considérée comme le principal forum permettant à l’Ukraine et à ses alliés de recueillir un large soutien en faveur de ses efforts de guerre.
« Nous devons faire tomber les barrières et augmenter le nombre de pays qui exigent que les crises internationales soient traitées par des organes et des forums multinationaux et multilatéraux », a continué le ministre.
L’Ukraine reste dépassée par la Russie, qui gagne lentement du terrain. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé une invitation rapide à rejoindre l’alliance militaire de l’OTAN pour tenter de renforcer sa position, mais les membres de l’alliance semblent peu enclins à le faire jusqu’à présent.
Les ministres de la Défense du G7 ont affirmé qu’ils « reconnaissaient la nécessité croissante de soutenir les capacités de production de défense afin de répondre à nos défis actuels en matière de sécurité par une montée en puissance adéquate de la production », a déclaré Guido Crosetto à l’issue de la réunion.
[Édité par Anna Martino]