Les ministres des affaires étrangères prennent en main le dossier ukrainien
La Russie tente d'empêcher l’Ukraine de nouer des liens avec l’Union européenne. La question sera débattue lors d’une réunion informelle entre les ministres européens des affaires étrangères les 6 et 7 septembre à Vilnius.
La Russie tente d'empêcher l’Ukraine de nouer des liens avec l’Union européenne. La question sera débattue lors d’une réunion informelle entre les ministres européens des affaires étrangères les 6 et 7 septembre à Vilnius.
La Suède, la Pologne et la Lituanie, actuellement à la tête du Conseil de l'UE, ont placé l'Ukraine à l'ordre du jour d'une réunion informelle des ministres des affaires étrangères, appelée « Gymnich ».
Cette réunion tire son nom du château allemand où la première réunion s'est déroulée en 1974. Lors d'un Gymnich, les ministres discutent de façon informelle les questions de sécurité et les sujets de politique extérieure de l’UE. L'ordre du jour des réunions comprend notamment les sujets à discuter lors des sommets suivants.
Peter Stano, un porte-parole du commissaire en charge de l'élargissement et de la politique de voisinage, Štefan Füle, a expliqué à EURACTIV que l'Ukraine faisait partie des priorités du commissaire.
« Toutes nos actions se concentrent fortement sur l'Ukraine, parce que nous avons l'ambition et l'objectif de signer un accord d'association avec ce pays en novembre », a-t-il déclaré en faisant allusion au sommet de Partenariat oriental des 28 et 29 novembre, à Vilnius.
Il a ajouté que plusieurs réunions de haut niveau étaient prévues. Andriy Klyuev, secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine, et trois chefs de l'opposition devraient se rendre à Bruxelles dans les prochains jours.
« Nous abordons presque quotidiennement l'Ukraine », a indiqué le porte-parole de Štefan Füle.
La réunion ministérielle à Vilnius aura lieu alors que Moscou fait pression sur son voisin ukrainien.
« Mesures de protection »
Le président russe, Vladimir Poutine, a prévenu le 22 août que Moscou pourrait avoir recours à des mesures de rétorsion si l'Ukraine signait un accord commercial avec l'UE.
>> Lire : Moscou met en garde Kiev contre la signature d’un accord avec l’UE
« Si [l'Ukraine] se résout à libéraliser son régime douanier avec l'UE, des produits de bonne qualité à un prix attrayant se répandront inévitablement sur le marché ukrainien, mais ils feront concurrence à la marchandise fabriqués en Ukraine […] », a déclaré le président russe sur le site Internet du Kremlin.
« Les pays membres de l'union douanière devront alors réfléchir à des mesures de protection », a-t-il expliqué lors d'une réunion consacrée au développement social et économique dans la région russe de Rostov située à la frontière de l'Ukraine. La Biélorussie, le Kazakhstan et la Russie font partie de l'union douanière préconisée par Moscou.
Une délégation dirigée par le premier ministre ukrainien, Mykola Azarov, s'est rendue à Moscou le 26 août pour discuter des projets de Kiev. Malgré le peu d'informations communiquées, le vice-premier ministre russe, Igor Shuvalov, aurait déclaré que l'Ukraine ne pouvait pas à la fois s'intégrer dans l'UE et faire partie d'une union douanière avec la Russie.
« L'UE ne peut pas perdre l'Ukraine »
Dans le même temps, la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, s’est rendue en Estonie et aurait déclaré que l'Union « ne pouvait pas perdre l'Ukraine ».
Dans une déclaration conjointe avec le premier ministre estonien, Andrus Ansip, Mme Ashton a affirmé qu'elle espérait que l'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine pourrait être signé lors du sommet à Vilnius en novembre (voir « Contexte »).
Dans son discours à l’occasion de l'indépendance le 24 août, le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch semblait ne pas prendre parti pour Bruxelles ou Moscou.
« L'association de l'Ukraine à l'UE est devenue un moteur important afin de poursuivre la formation d'un État européen moderne. Dans le même temps, nous conservons et continuons à approfondir notre relation et le processus d'intégration avec la Russie, la communauté eurasienne, d'autres leaders mondiaux et de nouveaux centres de développement économique », a-t-il déclaré.
« C'est le choix de l'Ukraine et nous sommes conjointement responsables de sa mise en place », a-t-il poursuivi.
À l’occasion du jour de la proclamation de l'indépendance, l'opposition a participé à une manifestation pro-européenne à Kiev, selon la presse ukrainienne. Arseniy Iatseniouk, le président de la faction parlementaire de Ioulia Timochenko, et d'autres députés de l'Union panukrainienne « Partie » menaient la foule.
Les manifestants scandaient « Libérez Ioulia », « À bas le gang » et « L'Ukraine avant tout ! ».
Environ 3 000 personnes ont participé au rassemblement, selon les organisateurs.
M. Iatseniouk et un autre député de l'Union panukrainienne « Partie » estiment que Ioulia Timochenko devrait être libérée d'ici la fin septembre, après les élections allemandes.