Les ministres du Commerce de l'UE fustigent l'accord commercial Royaume-Uni-États-Unis

Les ministres du Commerce de l'UE ont critiqué l'accord commercial entre Londres et Washington, affirmant que Bruxelles ne suivra pas l’exemple du Royaume-Uni, qui a accepté un tarif douanier américain de base de 10 % pour éviter les droits sur les véhicules et les métaux.

EURACTIV.com
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La réunion de jeudi intervient au 37e jour d'une pause de 90 jours accordée par les États-Unis sur les droits de douane réciproques imposés à l'UE. [Conseil de l'UE]

Les ministres européens du Commerce ont vivement critiqué l’accord commercial récemment conclu entre Londres et Washington, affirmant que Bruxelles ne suivra pas l’exemple du Royaume-Uni, qui a accepté un tarif douanier américain de base de 10 % pour éviter les droits sur les véhicules et les métaux.

La semaine dernière, le Royaume-Uni est devenu le premier pays à conclure un accord commercial avec les États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier.

Si Londres a obtenu des concessions concernant les surtaxes de 25 % appliquées aux voitures, à l’acier et à l’aluminium, ses produits restent soumis à un droit de douane « universel » de 10 %.

« Si l’accord entre le Royaume-Uni et les États-Unis est ce que l’Europe obtient, les États-Unis peuvent s’attendre à des contre-mesures de notre part », a averti le ministre suédois du Commerce, Benjamin Dousa, avant une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles jeudi.

« Je n’appellerais pas cela un accord commercial du tout », a-t-il poursuivi.

Les remarques de Benjamin Dousa ont été reprises par son homologue finlandais, Ville Tavio, qui a décrit l’accord comme « n’étant en aucun cas un accord optimal pour le Royaume-Uni ».

Le Français Laurent Saint-Martin a également prévenu que l’Union européenne devrait se montrer « vigilante » et ne pas croire que « s’arrêter à des droits de douane réciproques de 10 % serait une bonne nouvelle ».

Le ministre polonais Michał Baranowski, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE pour six mois, a également suggéré que Bruxelles ne serait pas « satisfait » d’un accord similaire à celui négocié par le Royaume-Uni.

« Je pense que nous pouvons avoir un meilleur accord que de rester avec des droits de douane assez élevés », a-t-il déclaré.

La réunion de jeudi intervient au 37e jour d’une pause de 90 jours accordée par les États-Unis sur les droits de douane réciproques, qui comprennent un droit de douane de 20 % sur les exportations de l’Union européenne.

En cas d’absence d’accord, l’Union européenne a déjà annoncé la possibilité de mesures de représailles, prévoyant deux vagues de sanctions visant ensemble jusqu’à 116 milliards d’euros de produits américains.

Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a déclaré aux journalistes, avant la réunion de jeudi, qu’il avait eu un « appel constructif » mercredi 14 mai avec le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, au cours duquel les deux parties ont convenu d’« intensifier » les discussions techniques.

La Chine, une ligne rouge

Les remarques des ministres font également suite aux vives critiques de la Chine à l’égard de l’accord entre les États-Unis et le Royaume-Uni, qui, selon Pékin, permettra à Washington de restreindre les investissements chinois en Grande-Bretagne.

Le représentant hongrois, Levente Magyar, a averti que toute pression exercée par Washington en vue d’un « découplage » avec Pékin constituerait une « ligne rouge » pour Budapest.

Le pays entretient des relations économiques étroites avec la Chine, tandis que son dirigeant d’extrême droite, Viktor Orbán, est l’un des plus proches alliés politiques de Donald Trump.

« Nous avons d’excellentes relations commerciales avec la Chine, et la Chine est devenue l’un des plus grands investisseurs en Hongrie », a souligné Levente Magyar.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]