Les ministres européens devraient renforcer les sanctions contre l’Iran
Les gouvernements de l’UE envisagent aujourd’hui (15 octobre) d’accentuer la pression sur l’Iran quant à son programme nucléaire en approuvant de nouvelles sanctions contre les banques, l’industrie et la flotte de Téhéran.
Les gouvernements de l’UE envisagent aujourd’hui (15 octobre) d’accentuer la pression sur l’Iran quant à son programme nucléaire en approuvant de nouvelles sanctions contre les banques, l’industrie et la flotte de Téhéran.
Ces nouvelles sanctions constituent une des pressions les plus fortes exercées par l'Europe sur l'Iran jusqu'à présent. Elles s'ajoutent à l'inquiétude croissante quant aux intentions militaires de la République islamique et à l'échec de la diplomatie cette année pour résoudre cette impasse atomique.
L'Iran soutient que ses travaux nucléaires ne comportent que des dimensions pacifiques. Depuis avril, malgré trois cycles de négociations, l'Iran refuse de réduire son programme nucléaire sauf si des sanctions économiques importantes sont levées.
Mais les gouvernements européens et les États-Unis ont refusé de le faire. Ils ont au contraire resserré les pressions financières contre Téhéran, car ils craignent que le différend nucléaire ne provoque une nouvelle guerre au Moyen-Orient.
« Ces derniers mois, l'Iran n'a changé d’avis sur aucun des thèmes principaux. Nous devons donc renforcer la pression au moyen de sanctions », a déclaré à Berlin Guido Westerwelle, le ministre allemand des affaires étrangères.
Un jour avant que ses homologues ne se réunissent au Luxembourg afin d'approuver de nouvelles sanctions, il a affirmé que la diplomatie constituait toujours une option.
« Notre offre envers l'Iran tient toujours : de véritables négociations dont l'objectif est d'éviter que l'Iran ne se dote d'armes nucléaires. Il est temps de trouver une solution politique. »
Un diplomate de l'UE a déclaré à Reuters que ces nouvelles mesures européennes comprenaient une interdiction de transactions financières, avec quelques exceptions pour celles impliquant l'aide humanitaire, l'achat de nourriture et de médicaments et des dispositions sur le commerce légitime.
Dans un revirement de la politique européenne existante, les commerçants européens devront, selon cette interdiction, demander à leur gouvernement une autorisation avant de financer toute transaction de biens autorisés. Avant, l'approche européenne était plus étroite et autorisait le commerce au sens large tout en interdisant des produits spécifiques.
Une nouvelle interdiction sur l'extension des garanties concernant les échanges à court terme ralentira davantage le commerce.
Les États membres de l’UE ne pourront plus vendre à l'Iran ni métaux ni graphites, élément important dans la production d'acier. L'UE interdira également les importations de gaz naturel depuis l'Iran.
L'UE vise également l'industrie de transport maritime de l'Iran afin de limiter la capacité de Téhéran à vendre du pétrole en dehors de l'Europe et des États-Unis pour s'approvisionner en devise forte.
Ces nouvelles mesures empêcheront également les entreprises européennes de fournir des technologies de construction navale, des capacités de stockage de pétrole ainsi que des services de signalisation et de classification aux pétroliers iraniens.
La Biélorussie et la Syrie
Aujourd'hui, lors de leur réunion au Luxembourg, les ministres des affaires étrangères étendront également les mesures levées contre la Biélorussie quant aux violations des droits de l'Homme. Ils approuveront ensuite une nouvelle série de sanctions contre la Syrie pour faire pression sur le président Bachar al-Assad afin qu'il stoppe les violences contre les rebelles.
Dimanche soir, les ministres des affaires étrangères de l’UE ont dîné avec Sergei Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères. La Russie fournit des armes depuis longtemps au gouvernement de M. Assad bien que M. Lavrov ait déclaré en juin que Moscou ne livrait pas d'armes offensives à la Syrie.
« Nous devons continuer à rechercher des solutions communes aux problèmes internationaux, même lorsque c'est très difficile, comme c'est le cas actuellement avec le conflit en Syrie », a indiqué M. Westerwelle.