Les nouveaux camions diesel seront autorisés jusqu’en 2040 au moins

Les camions fonctionnant aux carburants fossiles seront autorisés au-delà de 2035, avec un retrait progressif possible en 2040 au plus tôt. C’est ce qu’il ressort d’un projet de proposition de la Commission européenne sur les normes d’émission de CO2 révisées pour les poids lourds.

Euractiv.com
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Le document, consulté par EURACTIV, conserve les objectifs de réduction des émissions de carbone pour 2025 à 2029 et ne précise pas encore les réductions d’émissions nécessaires par la suite. [<a href="https://www.shutterstock.com/de/image-photo/e30-highway-germany-jun-14-2019-1645013284" target="_blank" rel="noopener">SHUTTERSTOCK/VanderWolf Images</a>]

Les camions fonctionnant aux carburants fossiles seront autorisés au-delà de 2035, avec un retrait progressif possible en 2040 au plus tôt. C’est ce qu’il ressort d’un projet de proposition de la Commission européenne sur les normes d’émission de CO2 révisées pour les poids lourds.

Pour les voitures et les camionnettes, les institutions de l’UE ont conclu l’année dernière un accord visant à réduire à zéro les émissions de CO2 autorisées à l’échappement d’ici à 2035, ce qui interdit de facto les nouveaux véhicules à moteur à combustion à partir de cette date.

Toutefois, la loi ne prévoyait pas encore d’objectifs pour les véhicules lourds tels que les camions et les tracteurs, pour lesquels la Commission prévoit de publier des normes de CO2 révisées le 14 février prochain.

Selon un projet de proposition qui a fait l’objet d’une fuite, ces véhicules continueront à être autorisés à émettre du CO2 au-delà de 2035, avec une possible suppression progressive en 2040 au plus tôt.

Le document, consulté par EURACTIV, conserve les objectifs de réduction des émissions de carbone pour 2025 à 2029 et ne précise pas encore les réductions d’émissions nécessaires par la suite.

Cependant, il définit trois « périodes de rapport » ultérieures, avec trois objectifs de réduction des émissions à définir, allant de 2030 à 2034, de 2035 à 2039, et à partir de 2040.

Selon le document, un objectif potentiel de réduction des émissions de 100 %, c’est-à-dire une interdiction de facto de tout nouveau camion diesel, n’interviendrait qu’en 2040 au plus tôt, voire pas du tout.

Le projet étend également l’application des normes aux véhicules plus lourds, couvrant tous les sous-groupes définis dans la loi.

Un sous-objectif spécifique pour les autobus urbains est également inclus, imposant un pourcentage minimum de véhicules à émission nulle vendus par les constructeurs d’autobus urbains. Ce pourcentage doit encore être défini.

La durée de vie des véhicules n’est pas prise en compte

La date butoir de 2035 pour les nouvelles voitures à essence et diesel a été justifiée par le commissaire européen à l’Action pour le climat Frans Timmermans en raison du cycle de vie moyen des voitures et des camionnettes, qui est de 18 ans en moyenne en Europe occidentale et qui peut aller jusqu’à 28 ans en Europe de l’Est, selon une étude de l’ETH Zürich.

« Avec l’engagement légal de l’Union européenne à devenir neutre sur le plan climatique, presque toutes les voitures sur nos routes devront ne plus produire d’émissions d’ici 2050 », a écrit M. Timmermans dans une tribune publiée sur EURACTIV en décembre dernier.

« Compte tenu de la durée de vie moyenne des voitures, 2035 est la bonne date », a-t-il ajouté.

Cependant, pour les poids lourds tels que les camions, cette logique ne semble pas s’appliquer.

Fedor Unterlohner, responsable du fret au sein du groupe écologiste Transport & Environment (T&E), a confié à EURACTIV que, « avec une durée de vie moyenne de 18 ans pour les camions en Europe, en 2040 il serait trop tard pour le climat ».

L’ONG réclame que la date de suppression progressive de 2035 s’applique également aux véhicules lourds.

En novembre dernier, cette demande a également été soutenue publiquement par une série d’entreprises, notamment le géant de la logistique Maersk et des marques de biens de consommation comme Unilever, Henkel et PepsiCo.

L’industrie demande que l’infrastructure soit prête

Les représentants de l’industrie automobile, quant à eux, sont soulagés que le projet ne touche pas aux objectifs antérieurs à 2030.

« Un renforcement de l’objectif 2025 est tout simplement irréaliste en raison de la maturité commerciale des technologies et des exigences en matière de délais », a expliqué à EURACTIV un porte-parole de l’organisation allemande de l’industrie automobile VDA.

« Le fait que la proposition actuelle sur les normes de CO2 pour les véhicules lourds ne le prévoit pas est positif », a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, l’organisation a également appelé les eurodéputés à préparer l’infrastructure de recharge pour un large déploiement des camions à batterie et à hydrogène.

« Afin d’atteindre réellement des objectifs ambitieux, un réseau suffisamment dense de stations de recharge électrique et de distribution d’hydrogène pour les véhicules utilitaires lourds dans toute l’Europe est une condition préalable essentielle », a déclaré le porte-parole, ajoutant que « ce réseau est actuellement loin d’être en place ».

Les objectifs pour les stations de recharge et de ravitaillement sont définis dans le règlement sur le déploiement d’une infrastructure pour carburants alternatifs (AFIR), qui est en cours de négociation entre les institutions européennes. Les États membres s’opposent aux objectifs du Parlement concernant le nombre de points de recharge et de stations de ravitaillement en hydrogène nécessaires, car ils craignent une charge financière trop lourde.

La prochaine réunion entre les négociateurs du Parlement européen, de la Commission et de la présidence suédoise du Conseil est fixée au 7 février prochain.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]