Les opérateurs postaux européens interrompent les envois de colis aux États-Unis pour cause d'incertitude fiscale

Cette décision intervient alors que les entreprises s’efforcent de comprendre comment l’exemption « de minimis » qui prend fin le 29 août et qui permettait aux marchandises d’une valeur inférieure à 690 euros d’entrer en franchise de droits, sera remplacée.

EURACTIV.com
Arlon, Belgium – April 12, 2025: Bpost parcel locker system located in an urban shopping area offers convenient package delivery and collection service
Le système de casiers à colis Bpost situé dans une zone commerciale urbaine offre un service pratique de livraison et de collecte de colis. [Getty Images]

Plusieurs opérateurs postaux européens suspendent la livraison de colis aux États-Unis, invoquant l’incertitude liée à la hausse des coûts sous le nouveau régime commercial du président Donald Trump.

Le principal opérateur postal belge, Bpost, a annoncé mercredi 20 août son intention de cesser temporairement l’acheminement des colis à destination des États-Unis et ce, à partir du 29 août. À cette date, Washington mettra fin à l’exemption de longue date « de minimis » qui permettait aux marchandises d’une valeur inférieure à 690 euros d’entrer en franchise de droits.

Pour protéger ses clients et anticiper la suspension, Bpost a fait savoir que le jeudi 21 août est le dernier jour où un colis peut être envoyé aux États-Unis.

« Nous envoyons moins de 100 000 colis vers les États-Unis chaque année. En comparaison, Bpost envoie 500 000 colis par jour », a précisé Mathieu Goedefroy, porte-parole de Bpost, au média local belge HBVL.

Les services postaux norvégiens Bring et Postnord, qui opère également au Danemark et en Suède, ont confirmé mercredi mettre un terme à l’expédition des colis vers les États-Unis. Cette interruption impactera à la fois les particuliers et les entreprises européennes de commerce électronique qui dépendent d’un service d’expédition transatlantique abordable.

La décision a été prise alors que les entreprises s’efforcent de comprendre ce qui remplacera l’exemption « de minimis ».

« Les autorités douanières américaines n’ont pas encore clarifié les détails entourant cette question, et aucun système n’a été développé pour permettre aux entreprises postales de l’utiliser », écrit Bring dans son communiqué de presse.

Quant aux entreprises privées spécialisées dans la logistique et la livraison, telles que DHL et UPS, celles-ci devraient poursuivre leurs activités, mais s’attendent à des pertes de bénéfices. DHL a prévenu que la suppression de l’exemption pour les envois de faible valeur pourrait réduire son bénéfice d’exploitation annuel de 198 millions d’euros, soit 3,3 %, selon le site en ligne FreightWaves, qui publie des informations sur le marché mondial du fret.

Ces perturbations surviennent à un moment où les tensions commerciales transatlantiques s’intensifient. En juillet, Bruxelles et Washington ont conclu un accord imposant un droit de douane forfaitaire de 15 % sur la plupart des produits européens, s’ajoutant à une vague de différends sur les tarifs et les subventions.

(sn)