Les opposants à Emmanuel Macron se désolent du manque de débat avant le premier tour

À moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle, aucun débat n’a réellement eu lieu entre les différents prétendants à l’Élysée et celle de 2022 risque d'être une campagne sans vraie confrontation d’idées.

Euractiv France
Televised debate between Eric Zemmour and Jean-Luc Melenchon
Préparation du débat entre Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, sur BFMTV en septembre dernier. [EPA-EFE/BERTRAND GUAY / POOL MAXPPP OUT]

À moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle, aucun débat n’a réellement eu lieu entre les différents prétendants à l’Élysée et le refus d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen de se livrer à un tel exercice conforte la sensation que celle de 2022 sera une campagne sans vraie confrontation d’idées.

Avant 2017, les débats entre candidats n’étaient organisés qu’entre le premier et le second tour de l’élection. Mais dans une époque où les candidats s’adressent de préférence directement aux Français par le biais des réseaux sociaux notamment, des débats entre candidats permettraient une vraie comparaison des conceptions du pays.

Hormis quelques débats entre deux candidats, comme celui entre Valérie Pécresse et Éric Zemmour jeudi dernier (10 mars) ou celui entre ce dernier et Jean-Luc Mélenchon en septembre, aucun débat entre tous les candidats n’a été organisé à ce stade.

Certes, les différentes chaînes s’évertuent à convaincre les équipes de campagne de chacun, mais deux des candidats les plus importants refusent de se soumettre à une confrontation avec leurs rivaux.

Le président sortant Emmanuel Macron, d’une part, choisit de suivre les pas de ses prédécesseurs qui, lorsqu’ils étaient candidats pour un second mandat, n’ont jamais débattu avec leurs adversaires avant le premier tour. Certain d’être la cible de toutes les attaques des onze autres candidats sans avoir le temps d’y répondre, M. Macron préfère se préserver pour le débat d’entre deux tours, avec celui ou celle qu’il affrontera au second tour.

La candidate du Rassemblement national Marine Le Pen, d’autre part, veut croire qu’elle est la mieux placée pour se qualifier au second tour de l’élection, et refuse ainsi tout échange avec les candidats autres qu’Emmanuel Macron, « compte tenu [du] niveau électoral » de sa candidature par rapport à celle des autres, comme l’a précisé son entourage à l’AFP. Pour le moment, dans la plupart des sondages, Mme Le Pen devance de plusieurs points ses rivaux.

De ce fait, les médias n’ont pour l’heure organisé que des émissions dans lesquelles des journalistes interrogeront les candidats les uns à la suite des autres, avec parfois des droits de réponse en fin d’émission, loin des débats classiques qui caractérisent les élections présidentielles.

Une situation dont se désolent les autres candidats, plus en recul, comme Valérie Pécresse, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon.

La candidate de la droite, Mme Pécresse, regrette qu’il n’y ait pas de débat et a fustigé « la peur » de ceux qui s’en dérobent. Alexis Corbière, soutien de M. Mélenchon, se désole que soit empêché un « moment d’échanges significatifs avec le président actuel ».

Ce dernier notamment, s’était distingué des autres candidats de la gauche lors des débats d’avant premier tour en 2017, qui lui avaient permis d’enclencher une dynamique positive et de bénéficier, à la toute fin, d’un effet « vote utile », entre autres grâce à ses prestations télévisées, et d’atteindre presque 20 % des voix.

Ainsi, à défaut de débats entre les candidats, que chacun d’entre eux se soumette à la contradiction des journalistes devrait tout de même permettre de nourrir les réflexions des électeurs en vue de leur vote les 10 et 24 avril prochains.