Les partis pro-européens roumains entament des pourparlers pour former un gouvernement de coalition

Mardi 10 décembre, les partis pro-européens de Roumanie ont entamé des négociations en vue de former un gouvernement de coalition, dans un contexte de fortes tensions après  l’annulation de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle du pays la semaine dernière.

EURACTIV Roumanie
City view Bucharest – Parliament Palace
Salle plénière du Palais du Parlement, Bucarest, Roumanie. [Soeren Stache/picture alliance via Getty Images]

Mardi 10 décembre, les partis pro-européens de Roumanie ont entamé des négociations en vue de former un gouvernement de coalition, dans un contexte de fortes tensions après  l’annulation de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle du pays la semaine dernière.

Les sociaux-démocrates (PSD), les libéraux (PNL), l’alliance de centre droit Union Sauvez la Roumanie (USR) et l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) ont tenu leurs premières discussions mardi afin d’accélérer la formation d’un gouvernement pro-européen et pro-OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord).

Mais les pourparlers semblent déjà avoir pris un départ difficile. Le PSD s’oppose à l’inclusion de l’USR dans le gouvernement, arguant qu’au moins un parti pro-européen devrait rester dans l’opposition afin d’éviter que seuls les trois partis souverainistes représentent l’opposition au parlement.

Le nouveau gouvernement doit être formé rapidement pour finaliser le budget 2025 et fixer un nouveau calendrier pour les élections présidentielles. Si un accord est trouvé avant le 21 décembre, date à laquelle le nouveau parlement se réunira, le président Klaus Iohannis pourra entamer des consultations avant Noël.

Selon la constitution roumaine, le président doit consulter tous les partis parlementaires, puis nommer un Premier ministre capable de former une coalition pour obtenir une majorité au parlement.

De son côté, le PSD fait pression pour obtenir le rôle de Premier ministre, citant sa première place aux élections générales du 1er décembre, tandis que les libéraux cherchent à conserver la présidence du Sénat.

« Un parti pro-européen devra probablement rester dans l’opposition pour s’assurer que l’ensemble de l’opposition n’est pas dominée par ceux qui se disent souverainistes », a déclaré Lucian Romașcanu, porte-parole du PSD, lundi.

Il a également noté que de nombreux membres du PSD suggèrent que l’USR assume ce rôle.

La plupart des dirigeants du PSD préfèrent Marcel Ciolacu comme candidat au poste de Premier ministre. Ce dernier a repris la direction du parti après avoir perdu le premier tour de l’élection présidentielle.

L’USR, quant à elle, soutient la candidature du leader du PNL, Ilie Boljan, au poste de Premier ministre. Ce dernier a toutefois déclaré à Digi24 lundi soir que le PSD avait le droit de revendiquer ce poste.

Si l’USR passe dans l’opposition, le parti pourrait s’assurer la présidence de certaines commissions parlementaires et le soutien d’initiatives législatives clés.

Par ailleurs, mardi, les juges ont placé Horațiu Potra sous contrôle judiciaire. Chef d’un groupe de mercenaires opérant en Afrique, ce dernier serait responsable de la sécurité de Călin Georgescu, le candidat pro-russe à la présidentielle qui a créé la surprise en remportant le premier tour. Il a immédiatement été accusé d’avoir bénéficié de campagnes de désinformation et d’une promotion coordonnée sur la plateforme chinoise TikTok. La course à la présidentielle s’est finalement terminée par l’arrêt de la campagne par la Cour constitutionnelle juste avant le tour final vendredi 6 décembre.

Si, dans un premier temps, Călin Georgescu a nié connaître Horațiu Potra, des photos d’eux ensemble ont fait surface, le poussant à admettre qu’il l’avait rencontré il y a de nombreuses années. De nouvelles preuves montrent qu’ils se sont rencontrés pour la dernière fois le 7 décembre dans une ferme près de Bucarest. Eugen Sechila, un leader néo-légionnaire lié au candidat pro-russe, était également présent à la réunion.