Les pays africains se rapprochent de l'UE à Durban

Hier (8 décembre), la position de l'Europe lors des discussions sur le climat à Durban s'est vue renforcée par le soutien du représentant de 54 nations africaines.

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Hier (8 décembre), la position de l'Europe lors des discussions sur le climat à Durban s'est vue renforcée par le soutien du représentant de 54 nations africaines.

Alors qu'il ne reste que 36 heures de négociations, Tosi Mpanu Mpanu, le président du groupe des négociateurs africains, a déclaré que sa position s'était rapprochée de celle de l'Europe et des pays en développement qui ont soutenu les appels de l'UE pour un accord juridiquement contraignant pour tous les pays, qui serait mis en oeuvre aussi rapidement que possible.

L'Afrique souhaiterait à présent une seconde période d'engagement pour le protocole de Kyoto (avec des objectifs de réduction d'émissions contraignants au-delà de 2012) et la mise en place d'un nouveau fonds vert pour « protéger l'Afrique » du changement climatique, a-t-il déclaré.

Il a toutefois ajouté que la « diplomatie du chéquier » avait régit les négociations, les pays pauvres s'étant vu offrir de l'argent et des incitations financières par les pays riches pour s'assurer leurs votes.

« Nous nous sommes rapproché de l'AOSIS [l'Alliance des petits Etats insulaires] et des PMA [pays les moins avancés]. Nous étions loin de leur approche au début des discussions. Ils étaient en faveur d'un accord global juridiquement contraignant jusqu'en 2020. Il y aura toujours des accords bilatéraux et la diplomatie du chéquier continuera d'exister. C'est ce qui se passe. Je ne pointerai personne du doigt », a-t-il expliqué.

L'Afrique joue généralement un rôle modeste dans les discussions internationales, mais sa position est considérée comme cruciale à Durban, car le continent africain risque d'être celui qui souffrira le plus du changement climatique et il n'a pas intérêt à sortir perdant des négociations.

M. Mpanu Mpanu a toutefois affirmé que l'Afrique restait perplexe quant à l'hésitation dont fait preuve l'Europe s'agissant de signer pour une seconde période d'engagement dans le cadre du protocole de Kyoto après 2012. « L'Afrique devrait examiner avec attention le processus de ratification de l'UE, qui est très compliqué et ne semble être clair pour personne, à part pour les Européens. »

Il a rappelé que le protocole de Kyoto était vital. « Les pays signataires de Kyoto représenteront de moins en moins d'émissions [et] ce protocole à lui seul ne suffira pas pour protéger l'Afrique. Mais nous ne pouvons pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Nous devons conserver les règles strictes du PK. Nous devons d'abord aboutir à une seconde période d'engagement, puis nous verrons comment aller plus loin. »

Il a par ailleurs fustigé le Canada, les Etats-Unis, le Japon et la Russie et qui refusent de signer pour une nouvelle période d'engagement. « Certains ont un intérêt particulier à ne pas faire progresser les discussions. »

« L'approche descendante de Kyoto quant au climat est celle à adopter. C'est un peu comme la construction d'un barrage. Il faut d'abord déterminer la hauteur et la force nécessaires pour qu'il puisse résister. L'approche ascendante des Etats-Unis est de demander aux différents pays dans quelle mesure ils souhaitent s'impliquer. Il n'est possible de construire qu'un demi-barrage dans ce cas-là. »

Faisant référence aux chiffres présentés dans une étude du Stockholm Environment Institute qui compare les promesses faites par les pays industrialisés et en développement lors des discussions à Cancún l'an dernier, il a déclaré : « Les pays en développement en font plus que les pays riches. Ils ont promis de réduire leurs émissions de 5,2 gigatonnes, mais les pays développés ne se sont engagés que pour 3,8 gigatonnes. »

L'UE a affirmé que ses propositions étaient de bon augure pour l'Afrique, car elles permettraient de garantir un cadre international pour la lutte contre le changement climatique au-delà de 2020. Un fonctionnaire a expliqué que les pays les moins développés étaient les plus vulnérables, qu'ils avaient le plus à y gagner et que l'UE apporterait des fonds pour que les pays pauvres puissent s'adapter et passer à une économie verte.

Les fonctionnaires européens réfutent également les chiffres présentés par le Stockholm Environment Institute qui montrent que les pays développés contribuent moins aux réductions d'émissions que les pays pauvres. Ils citent des statistiques du Programme des Nations unies pour l'environnement qui révèlent que les promesses actuelles des pays développés résulteraient en une diminution de 4,5 gigatonnes des émissions de carbone d'ici 2020, tandis que celles des pays en développement diminueraient de 3,1 gigatonnes.