Les Pays-Bas envisagent une approche « hybride » pour la détection des légionelles dans l’eau

Une nouvelle recommandation adressée au gouvernement néerlandais suggère une approche hybride du risque lié à la surveillance de la bactérie Legionella dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle réglementation européenne sur l’eau de distribution.

EURACTIV.com
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La détection des bactéries Legionella était l’une des principales pommes de discorde lors des négociations interinstitutionnelles sur la révision de la directive relative à l’eau potable (Drinking Water Directive, DWD), qui a mis à jour les paramètres de qualité de l’eau fixés il y a plus de 20 ans. [<a href="https://www.shutterstock.com/it/image-photo/pouring-fresh-tap-water-into-glass-1007226595" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK/SONSART]</a>]

Une nouvelle recommandation adressée au gouvernement néerlandais suggère une approche hybride du risque lié à la surveillance de la bactérie Legionella dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle réglementation européenne sur l’eau de distribution au niveau des États membres.

La détection des bactéries Legionella était l’une des principales pommes de discorde lors des négociations interinstitutionnelles sur la révision de la directive relative à l’eau potable (Drinking Water Directive, DWD), qui a mis à jour les paramètres de qualité de l’eau fixés il y a plus de 20 ans.

Parmi les paramètres actualisés, les législateurs européens ont décidé d’étendre la surveillance de la présence de bactéries Legionella à tous les réseaux d’eau potable de l’Union européenne dans le cadre d’une nouvelle analyse d’évaluation des risques.

Les cultures de bactéries Legionella peuvent proliférer dans les parties chaudes des systèmes d’eau et des tours de refroidissement, puis se propager à travers le brouillard émis par les appareils de climatisation des grands bâtiments.

Il existe plus de 60 espèces de Legionella connues, toutefois, selon les principaux organismes de santé, environ 96 % des cas de légionellose sont causés par une seule espèce spécifique, Legionella pneumophila, qui est également responsable de la forme mortelle de pneumonie.

Le président du Parlement européen, David Sassoli, s’est récemment retrouvé en arrêt de travail pendant plus de deux mois à la suite d’un cas grave de pneumonie causée par la légionellose.

La Commission européenne avait initialement proposé d’inclure dans la DWD des tests à la fois pour les espèces de Legionella (L. spp) et la Legionella pneumophila.

Cependant, les scientifiques et les experts du secteur de la santé ont déclaré que cette mesure aurait pu entraîner une charge de travail importante, du temps et des dépenses financières pour de nombreux utilisateurs finaux et retarder les résultats des tests, ce qui aurait eu des conséquences immédiates sur la santé publique.

Dans le compromis final auquel sont parvenus les législateurs européens, les États membres ont pu déterminer librement leur méthode de test. Ils peuvent choisir les méthodes qu’ils jugent les plus appropriées pour les objectifs qu’ils définissent dans les lignes directrices nationales.

Après leur approbation finale en décembre 2020, les nouvelles règles relatives à l’eau de distribution sont entrées en vigueur le 12 janvier 2021, les États membres ayant deux ans pour les transposer dans leur législation nationale.

Dans ce contexte de mise en œuvre nationale, une nouvelle voie hybride pour l’évaluation des légionelles a émergé aux Pays-Bas après la publication d’une analyse scientifique.

L’étude a été réalisée pour le compte du ministère néerlandais des Infrastructures hydrauliques par le groupe indépendant Watercycle Research Institute (KWR) et le cabinet de conseil belge Berenschot.

Le rapport traite des modifications à apporter au cadre national actuel pour mettre en œuvre la DWD, les Pays-Bas devant actualiser en conséquence leur législation sur la détection des légionelles dans l’eau potable.

Le principal point mis en évidence par les auteurs du rapport est que le nouveau plan de gestion devrait cibler Legionella pneumophila plutôt que les espèces de Legionella, tout en se concentrant sur les espèces de Legionella uniquement pour les lieux où résident de nombreuses personnes dont le système immunitaire est très affaibli, comme les hôpitaux.

Cette approche hybride exige que la norme actuelle, qui est « large », consistant à tester toutes les espèces de Legionella soit appliquée aux hôpitaux, tandis que l’approche plus pragmatique consistant à cibler la Legionella pneumophila, plus risquée, sera demandée pour les autres bâtiments.

Comme la surveillance doit être explicitement axée sur cette dernière, « il est nécessaire de développer une méthode de détection spécifique et validée pour L. pneumophila », suggèrent les auteurs.

En réponse à ce rapport, le ministère néerlandais de l’Infrastructure hydraulique a soutenu ce conseil, en déclarant qu’il allait bientôt examiner comment la nouvelle DWD offre la possibilité de le mettre en pratique immédiatement.

En particulier, le ministère veut savoir si une méthode appropriée et normalisée de détection de Legionella pneumophila était disponible sur le marché néerlandais.

Une telle méthode fiable et validée est une condition préalable à l’introduction de cette nouvelle norme, a indiqué le ministère.

De nouvelles recherches sur les méthodes d’analyse mentionnées dans le rapport et déjà utilisées au Royaume-Uni et en France seront menées en 2022.

De même, l’Institut national italien de la santé, le plus haut organe scientifique du pays en matière de santé, a lancé une étude similaire impliquant tous les laboratoires de référence italiens.

L’étude, qui a débuté en octobre et devrait s’achever en mars 2022, sera axée sur l’évaluation de toutes les méthodes disponibles sur le marché pour détecter Legionella pneumophila, conformément aux nouvelles exigences de la DWD.

Le gouvernement néerlandais prévoit d’informer les députés au début de l’année 2022 sur la possibilité de transposer cet avis sous la forme d’un amendement au règlement national sur la prévention des légionelles, qui traite des normes relatives aux paramètres de sécurité des légionelles mentionnées dans la DWD.

D’autres gouvernements de l’Union européenne adoptent une approche similaire. Par exemple, le Portugal met davantage l’accent sur Legionella pneumophila dans le nouveau cadre national de prévention et de lutte contre la maladie du légionnaire.

« Si nous trouvons Legionella pneumophila, le risque est toujours considéré comme élevé. Et il faut agir en conséquence », a confié Ricardo Santos, un microbiologiste de l’Université de Lisbonne, à EURACTIV, ajoutant qu’il n’est pas nécessaire de faire des tests pour rechercher d’autres espèces après cela.