Les Pays-Bas et l'UE : la fin d'une idylle [FR]

Les citoyens néerlandais ressentent un profond désenchantement vis-à-vis de l'UE, dû notamment à l'inflation enregistrée depuis l'entrée en vigueur de l'euro et aux contraintes macro-économiques imposées par le pacte de stabilité. Le "non" à la Constitution pourrait franchir le seuil des 60% lors du référendum d'aujourd'hui.

Les citoyens néerlandais ressentent un profond désenchantement vis-à-vis de l’UE, dû notamment à l’inflation enregistrée depuis l’entrée en vigueur de l’euro et aux contraintes macro-économiques imposées par le pacte de stabilité. Le « non » à la Constitution pourrait franchir le seuil des 60% lors du référendum d’aujourd’hui.

Economie et euro

Les Néerlandais se plaignent fortement des hausses de prix constatées depuis l’adoption de l’euro. Le gouverneur de la Banque centrale néerlandaise a récemment révélé que le florin néerlandais avait été sous-évalué de 5 à 10% au moment de l’introduction de la monnaie unique européenne – ce qu’a finalement admis (après l’avoir longtemps nié) le ministre des finances Gerrit Zalm.

Budget de l’UE

Les Néerlandais sont les premiers contributeurs nets par habitant au budget de l’Union. Cette situation est à l’origine d’un fort sentiment d’injustice, encore aggravé par le régime du « deux poids – deux mesures » appliqué lors de la récente crise du pacte de stabilité : alors que la France et l’Allemagne (toutes deux visées par une procédure de déficit excessif) avaient pu obtenir un délai de grâce en jouant de leur influence au sein du Conseil, les Pays-Bas – dans une situation semblable – avaient été contraints de respecter scrupuleusement les règles en vigueur, au prix notamment de coupes claires dans les dépenses publiques – en particulier dans les budgets sociaux.

Immigration et élargissement

La société néerlandaise est en proie à un profond malaise lié à la question de l’immigration et de l’intégration des populations musulmanes. Le meurtre du réalisateur Théo Van Gogh, assassiné par un intégriste d’origine marocaine à l’automne 2004, a conduit certains segments de l’opinion à remettre en cause les valeurs traditionnelles de tolérance et de permissivité, jusqu’ici au coeur du modèle néerlandais.