Les Portugais se cabrent contre l’agenda fiscal du gouvernement

Les hausses brutales d’impôts s’ajoutent à la diminution des prestations sociales dans un pays où la récession devrait frapper à hauteur de 3% cette année.

EURACTIV.fr
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Les hausses brutales d’impôts s’ajoutent à la diminution des prestations sociales dans un pays où la récession devrait frapper à hauteur de 3% cette année.

Le pays passait pour un bon élève aux yeux de la Troïka, organe formé par la BCE, le FMI et la Commission européenne, en charge de la supervision des réformes applicables au pays en contrepartie du sauvetage financier. Mais les dernières mesures fiscales du gouvernement portugais annoncées lundi 15 octobre ont déclenché un vent de colère de la population, outrée par des augmentations brutales d’impôt.

L’une des mesures consiste à ramener le nombre de tranches d’imposition de 8 à 5, diminuant ainsi la progressivité de l’impôt sur le revenu. Le taux le plus faible d’imposition sera porté de 11,5% à 14%, lequel s’appliquera dès 7000 euros de revenus annuels.

Au total, le gouvernement portugais espère récolter plus de 4 milliards d’euros. Une pression fiscale couplée à une diminution des prestations sociales  : -10% sur les retraites comprises entre 1350 et 1800 euros, -15% jusqu’à 3750 euros et -40% au-delà de 7546 euros… Les indemnités de chômage ne sont pas en reste, avec une diminution de 6%, contre 5% pour les arrêts maladie.

Baisses de salaire abandonnées

Les hausses d’impôts, qui ont reçu l’aval de la Troïka, interviennent en remplacement d’autres mesures pourtant soutenues par cette dernière mais que Lisbonne s’est refusée à mettre en place face à la fronde populaire : diminution des cotisations patronales et baisse des salaires.

La dureté du plan portugais vise à ramener le déficit public du pays à 4,5% du PIB cette année. Pour la première fois depuis le printemps 2011, le pays est parvenu à émettre des obligations sur le marché. Mais les efforts du pays restent prisonniers de la récession, qui devrait se situer autour de 3% cette année. Les syndicats ont convoqué une grève générale le 14 novembre.