Les Premiers ministres de l’Union économique eurasiatique se rendent au Forum numérique de la ville d’Almaty

Le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine est arrivé ce jeudi (2 février) à Almaty, la plus grande ville du Kazakhstan, pour un forum numérique de deux jours. Il s’agit d’un évènement très médiatisé, pourtant les États membres de l’UE ou ses entreprises y sont très peu présents.

Euractiv.com
Digital Forum Almaty (1)
Le Forum numérique d’Almaty est un événement très médiatisé dans la région, qui rassemble des centaines d’experts passionnés d’informatique. Selon son site web, il réunira cette année plus de 30 pays et150 intervenants répartis dans plus de 20 panels et sessions interentreprises, ainsi que plus de 400 entreprises. [Georgi Gotev]

Le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine est arrivé ce jeudi (2 février) à Almaty, la plus grande ville du Kazakhstan, pour un forum numérique de deux jours. Il s’agit d’un évènement très médiatisé, pourtant les États membres de l’UE ou ses entreprises y sont très peu présents.

Almaty accueille la session ordinaire du Conseil intergouvernemental de l’Union économique eurasiatique, dont la date coïncide avec celles du Forum numérique annuel d’Almaty. Les chefs de gouvernement de l’Arménie, de la Biélorussie, du Kazakhstan, du Kirghizstan et de la Russie participent à cette session.

L’Union économique eurasiatique est une union économique d’États postsoviétiques situés en Eurasie. Ses membres sont l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan et le Kirghizstan. L’Ouzbékistan a le statut de membre observateur, mais son Premier ministre devrait également participer à la réunion.

Jeudi, des réunions bilatérales sont à l’ordre du jour, tandis que la réunion élargie du Conseil aura lieu vendredi.

Le Premier ministre biélorusse Roman Golovtchenko doit rencontrer son homologue russe, M. Michoustine, a rapporté l’agence biélorusse BelTA, tandis que l’agence de presse russe Interfax a déclaré que le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan devait également rencontrer M. Michoustine.

La Russie constitue un allié de l’Arménie dans le cadre de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une organisation de défense composée de six États postsoviétiques : Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizstan, Russie et Tadjikistan. Toutefois, l’Arménie est mécontente du manque de soutien de la Russie à la cause d’Erevan dans le conflit du Haut-Karabakh avec l’Azerbaïdjan.

Le Forum numérique d’Almaty est un évènement très médiatisé dans la région, qui rassemble des centaines d’experts passionnés d’informatique. Selon son site web, il réunira cette année plus de 30 pays et150 intervenants répartis dans plus de 20 panels et sessions interentreprises, ainsi que plus de 400 entreprises.

Selon des sources d’EURACTIV, le Forum numérique n’est qu’un prétexte pour que les Premiers ministres de l’Union économique eurasiatique se rassemblent. Ils se rencontreront dans un hôtel en dehors de la zone du Forum et il n’est pas sûr qu’ils seront présents au forum vendredi.

De futures licornes ?

EURACTIV était présent au Forum, où de nombreuses petites entreprises informatiques — de potentielles licornes — ont eu l’occasion de promouvoir leurs innovations en présence de capital-risqueurs occidentaux qui examinent attentivement le marché.

Ces entreprises sont actives dans des domaines très variés : les plateformes de réservation innovantes pour le secteur du tourisme, la reconnaissance vocale et la transcription de texte, les applications visant à réduire le risque de harcèlement sexuel ou les distributeurs automatiques de pelmeni chauds, des raviolis décrits comme « l’essence de la cuisine russe ».

Parmi les panélistes figurent des ressortissants kazakhs qui mènent des carrières remarquables à l’étranger dans des entreprises telles que Meta, Apple ou Tesla. L’une des conférences était consacrée aux « nomades numériques », les orateurs discutant des avantages et des inconvénients que rencontrent les personnes qui quittent leur pays pour s’installer dans un environnement différent.

La présence d’entreprises des États membres de l’UE à l’évènement est à peine perceptible, bien que l’Union européenne représente le premier investisseur au Kazakhstan. En revanche, de nombreux stands affichent des panneaux « Russie », « Biélorussie » ou « Arménie », en dépit du peu d’informations qu’il y avait à présenter.

S’adressant à EURACTIV, Dinara Scheglova, vice-ministre kazakhe de l’Industrie, a souligné que le forum gagnait en importance depuis sa création en 2018.

Interrogée sur la présence modeste de grandes entreprises de l’UE, Mme Scheglova a admis que la taille des entreprises kazakhes n’était pas encore à la hauteur des ambitions des grandes entreprises européennes.

Interrogée sur les domaines dans lesquels elle voit un potentiel de développement rapide, elle a mentionné le secteur de l’énergie et le complexe minier et métallurgique kazakh. Comme l’ont récemment déclaré des experts kazakhs, le pays peut fournir à l’UE, à plus long terme, tous les matériaux essentiels dont l’Union a besoin.

Mme Scheglova a déclaré que le gouvernement kazakh mettait en place des mesures visant à encourager les entreprises kazakhes à se moderniser conformément aux normes européennes, notamment sous la forme de subventions.

Interrogée sur l’aspect « eurasiatique » du forum consacré au numérique, elle a déclaré que son pays enclavé se trouvait au centre de l’Asie centrale et qu’il possédait de nombreuses frontières avec les membres de l’Union économique eurasiatique.

Le Kazakhstan souhaitait selon elle surmonter la bureaucratie en introduisant la documentation numérique pour les flux commerciaux.

« Cependant, il ne s’agit pas d’une numérisation avec la Russie, mais avec le monde entier. Il s’agit d’une numérisation avec le monde entier », a-t-elle insisté.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]