Les producteurs de vins français s’opposent aux projets de réforme de la Commission

La Commission a proposé, le 4 juillet, une réforme du secteur vitivinicole, qui prévoit l’abolition des mesures inefficaces de soutien au marché du vin, dans le but de rendre les producteurs de l’UE plus compétitifs. En France, les organisations viticoles s’opposent à ce projet.

La Commission a proposé, le 4 juillet, une réforme du secteur vitivinicole, qui prévoit l’abolition des mesures inefficaces de soutien au marché du vin, dans le but de rendre les producteurs de l’UE plus compétitifs. En France, les organisations viticoles s’opposent à ce projet.

En bref  :

A la suite des discussions conduites, depuis plus d’un an, avec toutes les parties prenantes du secteur du vin, et au lobbying intense mené par les différents acteurs, la Commission a adopté le 4 juillet une proposition visant à réformer le règlement de 1999 sur l’Organisation commune du marché vitivinicole (OCM).

L’objectif de cette réforme est d’améliorer la gestion et l’utilisation du budget annuel de 1,3 milliards d’euro destiné à aider le secteur vitivinicole. « Nous dépensons actuellement près de 500 millions d’euro seulement pour nous débarrasser de vins qui ne trouvent pas de marchés. Et si nous ne réformons pas, les prévisions indiquent que le surplus de production de vin atteindra 15% de la production annuelle d’ici 2010 », a déclaré la commissaire européenne chargée de l’Agriculture et du développement rural, Mariann Fischer-Boel.

La Commission propose donc la suppression de toutes les mesures inefficaces de soutien au marché telles que la distillation, l’aide au stockage privé et les restitutions à l’exportation, ainsi que l’interdiction de l’enrichissement du vin par adjonction de sucre, ceci étant non conforme aux normes définies par l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).

Par ailleurs, l’institution européenne prévoit d’offrir une prime à l’arrachage volontaire aux exploitants qui ne sont pas assez compétitifs et qui souhaitent se retirer du secteur. L’objectif est d’arracher au total quelque 200 000 hectares  de vigne. La première année, cette prime sera supérieure de 30 % aux niveaux actuels afin de stimuler dès le lancement l’intérêt pour cette mesure. Le budget alloué sera donc de 430 millions d’euro au départ mais devrait tomber à 59 millions lors de la cinquième et dernière année.

Les objectifs principaux de la réforme proposée sont  :

  • l’augmentation de la compétitivité des producteurs européens de vin
  • le renforcement de la réputation de la qualité du vin de l’UE en tant que meilleure au monde
  • le développement du marché

Une enveloppe de 120 millions d’euros par an, soit 10% du budget total destiné au vin, devrait être allouée à la promotion des vins européens dans les pays tiers, et des fonds supplémentaires destinés au développement rural devraient être bloqués en faveur des régions viticoles.

La Commission propose d’évaluer les pratiques œnologiques admises par l’OIV et de les ajouter à la liste de celles admises par l’Union européenne. Le concept de vin de qualité de l’Union européenne sera enfin fondé sur l’origine géographique afin de simplifier l’étiquetage pour les consommateurs.

La proposition de réforme a rencontré une forte opposition en France, notamment dans le bordelais et le Languedoc-Roussillon. Depuis le 25 mai, la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) et les Jeunes Agriculteurs du bordelais, mènent une campagne d’affichage titrée « Oui à l’Europe viticole, non à la délocalisation du vignoble ». Les deux syndicats estiment que cette réforme aboutira « à la disparition des vins à visage humain au profit de productions de masse délocalisées dans les nouveaux pays entrants de l’Union européenne ». Les réactions dans le Languedoc-Roussillon, le vignoble le plus grand du monde avec 270 000 hectares de terrain, sont semblables. Le président de la Confédération des coopératives vinicoles de France et président de la Fédération des caves coopératives du Gard, Denis Verdier, s’est dit opposé à « l’essence anglo-saxonne et ultra-libérale » de la commissaire européenne à l’Agriculture Mariann Fischer-Boel.