Les quatre grands pays de la zone euro à Rome pour un mini-sommet

Les dirigeants de l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne tenteront de trouver un terrain d’entente à Rome aujourd’hui (22 juin), afin de ramener la confiance dans la zone euro en amont du sommet de l’UE prévu la semaine prochaine.

EURACTIV.com / Reuters
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Les dirigeants de l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne tenteront de trouver un terrain d’entente à Rome aujourd’hui (22 juin), afin de ramener la confiance dans la zone euro en amont du sommet de l’UE prévu la semaine prochaine.

Les marchés espèrent que le sommet des 28 et 29 juin prochains donnera des résultats, ce qui a entraîné une légère baisse des coûts d'emprunt pour l'Espagne et l'Italie. Si ce sommet européen ne donne aucun résultat probant, les deux pays pourraient être obligés à terme de demander un renflouement.

L'objectif de la réunion d'aujourd'hui sera notamment de définir plusieurs options pour aboutir à une union bancaire et budgétaire dans la zone euro. L'Espagne pourrait par ailleurs saisir cette opportunité pour demander officiellement une aide de 100 milliards d'euros pour sauver ses banques.

Mme Merkel devrait résister aux pressions exercées par le premier ministre italien, Mario Monti, le président français, François Hollande, et le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, qui souhaiteraient assouplir les politiques budgétaires, ou encore que la zone euro émette des euro-obligations.

Bine que les besoins de l'Espagne soient plus pressants, ses coûts d'emprunt à moyen terme ayant atteint des records mardi, les enjeux politiques pourraient être plus importants pour le premier ministre italien qui n'a pas été élu par son peuple.

Sa popularité est en chute libre et les partis qui le soutiennent au parlement italien rechignent de plus en plus à soutenir ses propositions de réformes, tout en lui demandant d'obtenir des résultats dans l'arène européenne pour apaiser les pressions sur l'économie du pays frappée par la récession.

« Le sommet de vendredi est important pour M. Monti su le plan symbolique, car il montre que les Italiens sont sous le feu des projecteurs », a expliqué James Walston, professeur de sciences politiques à l'université américaine de Rome.

Très populaire lorsqu'il a pris ses fonctions en novembre dernier, la côte de popularité de M. Monti a chuté de moitié en raison de la hausse des impôts et de la réduction des retraites exacerbées par une récession sévère. Ses réformes du marché du travail ont également fâché les syndicats et les entreprises.

Pour les marchés toutefois, M. Monti reste l'homme de la situation pour alléger la dette faramineuse du pays et accroître sa compétitivité. S'il est menacé, l'Italie pourrait rapidement remplacer l'Espagne dans la ligne de mire des investisseurs.

Choisir le nouveau président de l'Eurogroupe ?

L'AFP a rapporté que M. Hollande profiterait de ce mini-sommet de Rome pour tâter le terrain quant à la nomination éventuelle du ministre français des finances, Pierre Moscovici, au poste de président de l'Eurogroupe pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker qui se retirera à la fin du mois.

Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, est également pressenti pour le poste. Une porte-parole du ministre fédéral des finances a confié à EURACTIV Allemagne que M. Schäuble était toujours disponible, mais qu'il ne se formaliserait pas si M. Juncker restait.

Der Spiegel a expliqué que le ministre estonien des finances, Jürgen Ligi, pourrait lui aussi être un candidat potentiel, dans la mesure où il a eu suffisamment d'influence politique pour faire accepter des coupes budgétaires impopulaires dans son pays. Choisir M. Ligi comme président de l'Eurogroupe serait un signal pour la Grèce et les autres pays en difficultés : il est tout à fait possible de se remettre d'une profonde récession.