Les régions s’engagent pour des politiques vertes en amont de Rio+20
Les régions européennes se préparent pour le sommet de la Terre Rio+20 qui se déroulera en juin prochain. Pour ce faire, elles dressent la liste des points importants afin que le développement urbain durable soit au cœur des discussions.
Les régions européennes se préparent pour le sommet de la Terre Rio+20 qui se déroulera en juin prochain. Pour ce faire, elles dressent la liste des points importants afin que le développement urbain durable soit au cœur des discussions.
Dans une déclaration adoptée le 23 mars lors de leur cinquième sommet annuel, les villes et les régions se sont engagées à entamer leur transition vers une économie verte par le biais d'une approche ascendante, mais elles ont demandé la décentralisation des pouvoirs des gouvernements nationaux ainsi que le soutien financier de Bruxelles.
Les représentants des régions ont formulé au total huit requêtes destinées aux dirigeants européens dans le but de développer des villes plus inclusives, plus concurrentielles et plus vertes. Ils espèrent que cette initiative parviendra à se frayer un chemin jusqu’à la conférence de l'ONU sur le développement durable à Rio de Janeiro.
Au Brésil, lors de cet évènement prévu qui se déroulera du 20 au 22 juin prochains, il sera demandé aux pays d'entamer leur transition vers une économie verte et de s'engager à respecter dix nouveaux objectifs de développement durable.
« Cette vision des villes de demain, le rôle de la politique urbaine et le modèle social européen devraient être soutenus et défendus lors du Sommet de la Terre de Rio+20 et par le biais d'autres initiatives de développement durable comme la Convention des Maires », selon la déclaration de Copenhague.
La clé d'une véritable renaissance européenne
Cette déclaration a été signée par plus de 300 membres du Comité des régions, des représentants élus des autorités locales et régionales dans l'UE qui se sont engagés à promouvoir un développement régional durable et une économie sans carbone. Pour y parvenir, ils ont demandé à l'UE de renforcer leur rôle dans l'élaboration et la gestion des politiques européennes.
Les gouvernements nationaux devraient conférer davantage de pouvoir aux villes et aux régions et leur garantir une plus grande autonomie financière, selon la déclaration. L'UE pourrait également allouer des fonds pour la réduction des disparités entre les régions, alors que les budgets ont diminué en raison de la crise financière, peut-on encore lire dans cette déclaration.
Les signataires ont également demandé que leur participation à la gouvernance multi-niveaux devienne obligatoire. Pour ce faire, des « groupes de travail locaux » rassemblant des représentants élus, des praticiens et des acteurs de la société civile « capables d'instaurer des changements » devraient être créés.
Lors du sommet, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a qualifié les villes de « systèmes d'innovation » et déclaré qu'un accès égal, libre et gratuit aux services publics était la pierre angulaire du modèle social européen.
« Nous devons de toute urgence mettre en place un cadre européen pour les services publics dans le but de créer une certaine sécurité juridique tout en garantissant l'autonomie et la sécurité à l'échelle locale, notamment en ces temps de crise économique », a déclaré M. Schulz.
« Les villes détiennent la clé d'une véritable renaissance européenne », a ajouté Mercedes Bresso, la présidente du Comité des régions, un organisme consultatif européen. Afin de faire face aux difficultés actuelles posées par la rareté des ressources et le changement climatique, les villes devraient être équipées de nouvelles lois pour le logement, les énergies renouvelables, la gestion des déchets, la consommation d'eau et la pollution, a-t-elle déclaré.
Une vision pour l'avenir
« Si nous voulons de la croissance, il nous faut la mériter. Il ne suffit pas d'en parler, il faut la mettre en œuvre à tous les niveaux de gouvernance, y compris au niveau régional », a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors de l'ouverture du sommet des régions.
Les politiques appliquées au niveau régional et local sont essentielles pour la transition vers une économie verte et pour en faire une réalité pratique, a expliqué la première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt. Pour elles, les régions sont « au premier plan dans le domaine du développement durable ».
« Dans ce contexte de crise, l'Europe peut-elle réellement se permettre une transition vers l'économie verte ? Pour les gens qui font la queue devant les centres pour l'emploi, le développement durable peut sembler bien loin de leurs préoccupations. Mais s'en tenir à cela serait une grande erreur », a-t-elle déclaré.