Les salariés de Ford Belgique, derniers élus au Fonds d'ajustement à la mondialisation

La Commission européenne envisage d'aider les ex-salariés du site Ford situé à Genk. Le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation a reçu 128 demandes depuis sa création, mais son budget a été raboté pour 2014-2020.

EURACTIV.fr
Manifestation des salariés à Genk, octobre 2013 [Dimi15/Flickr]
Manifestation des salariés à Genk, octobre 2013 [Dimi15/Flickr]

La Commission européenne envisage d’aider les ex-salariés du site Ford situé à Genk. Le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation a reçu 128 demandes depuis sa création, mais son budget a été raboté pour 2014-2020.

Le secteur automobile connaît en Europe de grandes difficultés et les usines ferment les unes après les autres. En octobre 2012, les dirigeants de Ford ont annoncé le licenciement de 4264 salariés de l’usine à Genk (Belgique) en 2014. 

La Commission européenne propose son aide grâce au Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM). Quelque 479 travailleurs et fournisseurs de Ford qui ont le plus de difficulté à trouver un emploi recevront au total 570 945 euros. La Commission a répondu positivement à la demande belge d’aides du Fonds à la suite de l’annonce faite par Ford en octobre 2012.

La Commission va présenter son projet au Parlement européen et au Conseil afin d’obtenir leur aval.

Solidarité pour l’automobile

« La production automobile en Europe a chuté de façon spectaculaire pendant la crise de la zone euro, en raison principalement d’un recul de la demande », a indiqué dans un communiqué le commissaire László Andor, en charge de l’emploi. Il a déclaré qu’il était important de « montrer de la solidarité » avec les travailleurs de l’industrie automobile, qui connaissent une situation très difficile dans le contexte d’une économie mondialisée.

Les fonds alloués par la Commission seront destinés aux travailleurs de Ford afin de leur proposer de nouvelles formations, une aide à l’orientation professionnelle, une assistance dans la recherche d’emploi, ainsi que d’autres formes d’aides.

Rohnny Champagne, à la tête du syndicat ABVV-Metaal de Limbourg, a expliqué à EURACTIV que le soutien de la Commission aux travailleurs de Ford était bienvenu. Cependant, il rejette la manière dont ces fonds sont distribués. Il est convaincu que les aides financières devraient être partagées entre les salariés licenciés plutôt qu’attribués en partie aux agences pour l’emploi. « Les seuls qui y gagneront sont les équipes de formateurs et non nos travailleurs », a-t-il poursuivi.

En Belgique, les employés de Ford ne sont pas les premiers dans le secteur automobile à recevoir des aides du FEM. La Belgique a déjà soumis sept demandes afin d’obtenir des aides pour les travailleurs qui ont perdu leur emploi. Ce fut le cas pour l’usine Opel située à Anvers, ainsi que des entreprises de la sidérurgie et du textile.

128 demandes depuis la boulangerie en Grèce à la charpenterie en Espagne

Depuis la création du FEM, la Commission européenne a déjà reçu 128 demandes de divers secteurs en provenance de 20 États membres. L’industrie de l’automobile et du textile ainsi que celui des machines et des équipements sont ceux qui ont déposé le plus de demandes sur la période 2007-2014. L’Espagne, les Pays-Bas et l’Italie sont les premiers destinataires du FEM. En moyenne, le Fonds a déboursé près de 5000 euros par personne.

Ces derniers mois, la Commission a donné son aval pour des demandes en provenance de travailleurs issus du secteur espagnol de la charpenterie, des bars et de la restauration ; du secteur de la construction néerlandaise ; et du secteur de la boulangerie grec.

Malgré la forte demande, le budget pour la période 2014-2020 est tombé de 500 à 150 millions d’euros. Quelque dix États membres avaient en effet fait campagne en 2012 afin de supprimer le fonds. Mais un compromis a été trouvé au Conseil pour le maintenir, cependant avec un budget largement revu à la baisse.

Dans le nouveau cadre financier pluriannuel 2014-2020, le FEM peut financer jusqu’à 60 % des coûts des projets destinés aux indépendants, aux travailleurs temporaires et sous contrat à durée déterminée dont l’activité professionnelle a touché à sa fin. Le champ d’application du Fonds a également été étendu jusqu’à la fin de 2017 aux jeunes sans emploi, qui ne suivent ni enseignement ni formation professionnelle. La Commission avait également envisagé d’y intégrer les exploitants agricoles, mais la proposition a été rejetée par le Parlement européen.