Les sanctions de l'UE vont peser lourdement sur l'industrie et la société russes
Une liste complète de produits, allant des semi-conducteurs au papier toilette, a été incluse dans le paquet de sanctions supplémentaires de l’UE, destiné à augmenter la pression sur l’économie russe alors que la guerre en Ukraine fait rage.
Une liste complète de produits, allant des semi-conducteurs au papier toilette, a été incluse dans le huitième et nouveau paquet de sanctions européen, dont un premier jet a été obtenu par EURACTIV.
Les ambassadeurs de l’UE devraient débattre de ce nouveau paquet cette semaine avant une adoption probable vendredi prochain (7 octobre), lors d’un sommet de l’UE informel à Prague.
La proposition de la Commission européenne pourrait avoir des répercussions particulièrement lourdes pour l’industrie et les citoyens russes, car la liste des entreprises sanctionnées comprend des noms importants, et les produits restreints s’étendent à de multiples secteurs essentiels.
Alors que les tensions entre l’Occident et la Russie ont déclenché une crise énergétique en Europe, la Commission européenne a proposé de frapper des géants de l’énergie tels que Transneft, Rosneft et Gazprom Neft. Cette dernière est la filiale pétrolière du groupe Gazprom, qui a été au centre des menaces d’interruption de l’approvisionnement en gaz proférées par Moscou.
Parmi les autres entreprises publiques figurant sur la liste du projet de sanctions figurent les conglomérats de défense Rostec et Almaz-Antey, les fabricants de machines Uralvagonzavod et Kamaz, les entreprises aérospatiales Oboronprom et United Aircraft Corporation, les constructeurs navals Sevmash, Sovcomflot, Russian Maritime Register of Shipping et United Shipbuilding Corporation.
La liste des produits sanctionnés semble prête à étouffer la capacité de production de la Russie, car elle concerne des pièces liées à tout type de véhicule, voitures, motos, trains, navires, avions et même vaisseaux spatiaux, à travers la sanction de composants tels que les moteurs et les machines d’essai.
Toutes sortes de produits en fer, en acier et en métal comme les tuyaux, les fils et les vis sont couverts par la liste, ainsi que le biodiesel, le plomb, le charbon et les dérivés du pétrole. Tous ces éléments sont utilisés dans toutes sortes de processus de fabrication.
Les produits chimiques figurent également en tête de liste. Les composés ayant une concentration égale ou supérieure à 90 % en poids de produits chimiques tels que le mercure devraient être interdits, de même que l’éthanol et le butane.
Les nouvelles sanctions pourraient s’étendre à la quasi-totalité des semi-conducteurs, éléments essentiels de tout équipement électronique. Selon les médias, l’armée russe a déjà un tel besoin de cette technologie qu’elle réutilise des semi-conducteurs provenant d’appareils électroménagers.
L’exécutif européen a notamment proposé de sanctionner les fabricants d’appareils tels que réfrigérateurs, lave-vaisselle et chauffe-eau. De manière générale, tout équipement de télécommunication est également visé, y compris les téléphones, les cartes à puce, les caméras et les fibres optiques.
Dans une démarche qui semble destinée à toucher l’opinion publique plus que la machine de guerre russe, la Commission a proposé de sanctionner les produits liés à l’hygiène personnelle tels que maquillage, savon, produits de rasage, déodorants, produits de nettoyage et même le papier toilette.
Les cigarettes et autres produits liés au tabac figurent également sur la liste, de même que les dérivés du coton, l’encre d’imprimerie et les pellicules photographiques.
En outre, la Commission a proposé d’étendre la liste des restrictions aux forces de l’ordre russes, notamment en les empêchant d’acquérir ou de vendre des équipements antiémeutes tels que les gaz lacrymogènes et les boucliers antiémeutes, ainsi que des armes à électrochocs comme les pistolets paralysants.
Cette décision intervient dans un contexte d’agitation en Russie après l’annonce du Kremlin de la mobilisation de 300 000 réservistes pour combattre en Ukraine. Cette mobilisation a entraîné un exode de masse des candidats potentiels au recrutement et des manifestations dans les rues des grandes villes.
En même temps, la liste ne comprend pas certaines des propositions faites par les pays les plus belliqueux la semaine dernière.
Selon une liste de souhaits vue par EURACTIV la semaine dernière, la Pologne, l’Irlande et les trois pays baltes avaient proposé de s’attaquer à la technologie nucléaire, aux machines de traitement des données, aux services TIC et aux diamants.
Les cinq pays avaient également demandé une interdiction à l’échelle européenne de Kaspersky Lab, une grande entreprise russe de cybersécurité accusée par les services de renseignement américains d’avoir des liens avec le Kremlin.