Les socialistes européens réclament des élections anticipées en Roumanie
Alors que les manifestations contre le gouvernement roumain de centre-droit et le président continuent de secouer le pays, le Parti des socialistes européens a demandé qu'un gouvernement de transition se voit confier la tâche d'organiser des élections libres et justes.
Alors que les manifestations contre le gouvernement roumain de centre-droit et le président continuent de secouer le pays, le Parti des socialistes européens a demandé qu'un gouvernement de transition se voit confier la tâche d'organiser des élections libres et justes.
Les manifestants ont bravé de puissantes tempêtes de neige à Bucarest. Le président roumain, Traian B?sescu, est quant à lui apparu à la télévision hier (25 janvier), reconnaissant l’existence d’une fracture entre lui et certains citoyens.
M. B?sescu a fondé le Parti libéral-démocrate (PLD) qui est aujourd'hui dirigé par le premier ministre, Emil Boc.
M. B?sescu a appelé la « société civile de qualité » à agir, affirmant qu'elle s'était « renfermée dans sa coquille » ces derniers jours. « Elle doit revenir ou sa place sera prise par des imposteurs. »
« Je suis capitaine de navire de profession et je n'ai jamais raté ma destination. Je ne me tromperai pas non plus cette fois-ci », a-t-il déclaré.
M. B?sescu, qui a été réélu pour un second mandant de cinq ans en 2009, a été capitaine de navires marchands entre 1981 et 1987.
Lorsque les journalistes lui ont demandé s'il comptait démissionner, M. B?sescu a répondu qu'il ne l'avait jamais envisagé.
Le parti d'opposition Union sociale libérale (USL) a qualifié l'intervention télévisée de M. B?sescu d'« hallucinante » et de « totalement surréaliste ». L'Union sociale libérale (USL) est une alliance entre les trois partis de l'opposition : le Parti social-démocrate de Victor Ponta et l'alliance de centre-droite du Parti national libéral de Crin Antonescu et du Parti conservateur de Daniel Constantin.
Les récents sondages révèlent que la moitié des Roumains soutiennent l'USL. Le parti au pouvoir est quant à lui soutenu par 18 % de la population.
Malgré des conditions météorologiques difficiles, 1000 manifestants se sont rassemblés sur la place de l'Université, un endroit emblématique de la révolution roumaine de 1989, clamant des slogans tels que « B?sescu dehors » et « Boc, démissionne ».
M. Boc a fait certaines concessions. Il a notamment révoqué le ministre des affaires étrangères, Teodor Baconschi, pour avoir publié des remarques insultantes à l'encontre des manifestants. Certains pensent toutefois que M. Boc a révoqué M. Baconschi pour pouvoir donner son poste à Cristian Diaconescu, un membre minoritaire de la coalition, afin de renforcer le soutien à son gouvernement.
Inquiétudes de la communauté internationale
A Bruxelles, le Parti des Socialistes européens a condamné ce qu'elle a qualifié de tentative du Parti populaire européen (PPE) de centre droit d'étouffer le débat sur la détérioration du climat politique en Roumanie.
« Les récentes manifestations en Roumanie suscitent l'inquiétude de la communauté internationale quant à la dégradation des valeurs démocratiques par le gouvernement conservateur du PDL. Etant donnés les cas de fraudes électorales restées impunies, de manipulation des médias et de réformes anti-démocratiques, il apparaît que le président roumain, Traian B?sescu, intensifie la concentration du pouvoir, ce qui a fait descendre la population dans les rues et l'a poussée à réclamer des élections anticipées », a déclaré le PSE dans un communiqué.
Le président du PSE, Sergei Stanishev, et le leader roumain socio-démocrate, Victor Ponta, ont commenté la situation en Roumanie dans un article commun et ils ont appelé à la tenue d'élections anticipées.
Les dirigeants socialistes réclament la mise en place d'un gouvernement technocratique de transition avec la tâche d'organiser des élections libres et justes. « L'UE doit prendre des mesures décisives et collectives. Elle doit agir dès maintenant », ont-ils écrit.
Le groupe du PPE a riposté, affirmé qu'il n'avait pas de leçons démocratiques à recevoir du PSE. Il a affirmé soutenir les « politiques responsables et courageuses du premier ministre Boc et du président B?sescu ».
M. Stanishev devait rencontrer le président de la Commission, José Manuel Barroso, ce matin. Un débat sur la situation en Roumanie aura lieu au Parlement européen le 31 janvier.