Les subventions de l’UE incohérentes avec la sécurité alimentaire [FR]
Les subventions européennes agricoles à l’exportation sont, selon les ONG, incohérentes avec l’engagement récent de 14 milliards d’euros du Groupe des Huit (G8) censé assister les agriculteurs des pays en développement dans leur lutte contre la faim dans le monde et la promotion du développement agricole.
Les subventions européennes agricoles à l’exportation sont, selon les ONG, incohérentes avec l’engagement récent de 14 milliards d’euros du Groupe des Huit (G8) censé assister les agriculteurs des pays en développement dans leur lutte contre la faim dans le monde et la promotion du développement agricole.
Les huit premiers pays industrialisés de la planète ont promis cette somme pour assister les agriculteurs dans les pays en développement ces trois prochaines années, parvenant à un accord au sommet du G8 à L’Aquila en Italie la semaine dernière.
L’accord a été salué par certaines ONG, qui le considèrent comme un pas en avant dans les engagements des pays riches pour accroître les capacités agricoles dans les pays en développement et assurer la sécurité alimentaire des populations défavorisées dans le monde.
Mais l’annonce a aussi laissé libre cours aux critiques envers l’UE, décrite comme un obstacle à ces objectifs. La politique agricole européenne est accusée de saper le développement agricole des pays du Sud, dont les agriculteurs bataillent pour faire concurrence à l’agriculture lourdement subventionnée de l’UE.
Les organisations confessionnelles Cidse et Aprodev ont dit qu’un arrêt immédiat des subventions à l’exportation est nécessaire : elles handicapent les agriculteurs dans les pays en développement tout en apportant peu de bénéfice aux agriculteurs européens depuis leur réintroduction en janvier 2009.
Malgré cela, la Commission européenne a décidé d’affecter 449 millions d’euros à la subvention des exportations de produits laitiers en 2010. La France et l’Allemagne sont au premier rang de ceux qui demandent le maintien des subventions aux agriculteurs européens, en tant que pays qui en bénéficient de manière la plus évidente. S’exprimant à propos de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) européenne, prévue après 2013, le ministre français de l’Agriculture Bruno Le Maire a déclaré que leur principal objectif politique devait être de garantir un revenu stable et décent axu agriculteurs européens.
Aprodev insiste sur le fait que l’UE doit être plus cohérente dans ses politiques de sécurité alimentaire et agricole. L’introduction de subventions à l’exportation est en contradiction avec l’appel du G8 à davantage de sécurité alimentaire au niveau mondial par le biais de l’aide à l’agriculture de petite échelle et au développement des marchés locaux. Au contraire, ces subventions menacent de renforcer la dépendance des pays pauvres aux importations alimentaires à bas prix, selon Karin Ulmer d’Aprodev.
La Commission européenne a répondu en soulignant que l’UE a proposé d’annuler toutes les subventions à l’exportation avant 2013, et a insisté sur son fort engagement à l’égard des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations unies.
L’UE est déjà le plus grand importateur de nourriture au monde et le plus grand marché pour les denrées alimentaires des pays en développement. Les Vingt-sept prônent de vastes réformes internationales en matière de subventions dans le cadre du cycle de Doha sur les négociations commerciales au sein de l’Organisation mondiale du commerce.