Les syndicats européens prévoient une action contre le pacte budgétaire
Les dirigeants des syndicats européens se sont réunis à Bruxelles hier (25 janvier) et ont décidé de s’opposer au traité de « pacte budgétaire ». Ils ont proposé une autre série de mesures avec notamment un nouveau rôle pour la Banque centrale européenne et davantage d’investissements. Selon eux, ces mesures permettraient de relancer la croissance et l’emploi.
Les dirigeants des syndicats européens se sont réunis à Bruxelles hier (25 janvier) et ont décidé de s’opposer au traité de « pacte budgétaire ». Ils ont proposé une autre série de mesures avec notamment un nouveau rôle pour la Banque centrale européenne et davantage d’investissements. Selon eux, ces mesures permettraient de relancer la croissance et l’emploi.
Brendan Barber du British Trade Union Congress (TUC), Annelie Butenbach du Deutscher Gewerkschaftsbund (DGB) et Bernard Thibault de la Confédération générale du travail (CGT), entre autres, ont participé à une réunion extraordinaire du comité directeur de la Confédération européenne des syndicats (CES) suite à la publication d'une ébauche du traité.
Selon leur déclaration conjointe, le traité proposé appelle à l'austérité et à la discipline budgétaire « à une époque où la plupart des économies sont toujours faibles et où le taux de chômage atteint des niveaux intolérablement élevés ».
La secrétaire générale de la CES, Bernadette Ségol, a déclaré : « Le syndicat européen se mobilise pour dire que « trop c’est trop », les mesures d’austérité ne sont pas la seule réponse à la crise. Au contraire, elles produisent d’énormes dégâts sociaux. »
Les statistiques officielles de l'UE les plus récentes indiquent que le chômage dans la zone euro s'est stabilisé en novembre 2011 à 10,3 %, le taux le plus élevé depuis l'introduction de la monnaie unique. Les moins de 25 ans ont en moyenne deux fois plus de chances d'être au chômage et certains pays, l'Espagne et la Grèce notamment, sont encore plus sévèrement touchés.
« Le FMI, l'OCDE, le BIT, et même Standard & Poor's, qui ne sont pas vraiment des amis du mouvement des syndicats, disent tous que ce n'est pas la bonne chose à faire, que c'est une mauvaise solution et que ça ne fera qu'aggraver la situation », a déclaré Judith Kirton-Darling de la CES.
Des conseils des fédéralistes et des keynésiens
Dans leur communiqué, ils mentionnent une série de solutions, dont la modification du mandat de la Banque centrale européenne pour l'obliger à agir en tant que prêteur en dernier ressort.
La CES argue que ce nouveau mandat pour la BCE permettrait aux gouvernements nationaux d'emprunter à des taux d'intérêt plus bas sur les marchés financiers et de « mettre fin au comportement grégaire irrationnel, mais auto-réalisateur du secteur financier ».
Les syndicats souhaitent également maintenir les « investissements pour la croissance ». Ces investissements pourraient être financés via l'émission d'euro-obligations ou une taxe sur les transactions financières. Ce mois-ci, un ministre français a affirmé qu'une telle taxe serait mise en oeuvre cette année, bien que les Etats membres de l'UE restent fortement divisés sur le sujet, surtout le Royaume-Uni.
Les obligations espagnoles et italiennes ont récemment remporté un succès inattendu. Toutefois, les taux d'intérêt qui leur sont appliqués pour les titres à long terme restent proches de niveaux considérés par beaucoup d'économistes comme insoutenables (5,4 % et 6,2 % respectivement pour les obligations à 10 ans).
Une action coordonnée en amont du sommet de mars
Les dirigeants des syndicats ont promis d'agir de manière concertée le 29 février pour protester contre le pacte budgétaire, à la veille du sommet des leaders européens lors duquel il devrait être signé.
Il y aura « des actions dans tous les pays avec les mêmes mots d'ordre et les mêmes logos dans toute l'Europe », a déclaré Jean-Michel Joubier, responsable Europe-International à la CGT.
Les syndicats ne se sont toutefois pas encore mis d'accord sur le type d'action qu'ils entreprendraient dans chaque pays. « L'idée c'est d'aller vers des manifestations. Dans certains pays ce sera symbolique. Ça peut même aller jusqu'à la grève », a déclaré M. Joubier.
Ces actions dépendront des traditions et des régimes juridiques de chaque pays. Il n'est pas encore possible de prévoir l'ampleur de ces manifestations.
Les syndicats belges prévoient de manière unilatérale d'organiser une grève générale le 30 janvier qui coïncidera avec la tenue du sommet européen. Une grève similaire avait paralysé la Belgique le 22 décembre dernier, bloquant tout le réseau ferroviaire et certains aéroports.
Bien que les syndicats protestent surtout contre les mesures d'austérité mise en oeuvre par les gouvernements nationaux, ces mesures émanent surtout des pressions exercées par la Commission européenne.