Les transitions écologique et numérique gagnent du terrain dans les villes de l'UE

Selon les Nations unies, 68 % de la population mondiale devrait vivre dans des zones urbaines d’ici à 2050. Or, le rythme et le degré de réussite avec lesquels les villes intègrent les technologies numériques dans leur paysage varient considérablement.

Euractiv.com
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De nombreux décideurs politiques au niveau des villes de l’UE sont favorables à une transition vers des « villes intelligentes » au fur et à mesure que leurs compétences progressent. La numérisation de la vie urbaine augmente tout en offrant des avantages tels qu’une durabilité renforcée, une meilleure mobilité et un partage des données plus étendu. [Shutterstock / metamorworks]

Selon les Nations unies, 68 % de la population mondiale devrait vivre dans des zones urbaines d’ici à 2050, une augmentation considérable par rapport aux 56 % de 2020. Or, le rythme et le degré de réussite avec lesquels les villes intègrent les technologies numériques dans leur paysage varient considérablement.

De nombreux décideurs politiques au niveau des villes de l’UE sont favorables à une transition vers des « villes intelligentes » au fur et à mesure que leurs compétences progressent. La numérisation de la vie urbaine augmente tout en offrant des avantages tels qu’une durabilité renforcée, une meilleure mobilité et un partage des données plus étendu.

Les villes intelligentes devraient également permettre d’atteindre des objectifs politiques plus larges, notamment le double objectif de transition de l’UE : le « Pacte vert pour l’Europe » et l’objectif de la Commission de garantir la neutralité carbone de 100 villes intelligentes d’ici la fin de la décennie.

Toutefois, d’importants défis subsistent dans le développement des villes intelligentes, notamment les problèmes déjà présents dans les zones urbaines, qui pourraient entraver ou être exacerbés par l’utilisation croissante des technologies. Les obstacles externes au déploiement des solutions numériques, tels que les contraintes réglementaires ou financières, sont également à prendre en compte.

Selon des données de la Banque mondiale, 75 % des citoyens de l’Union européenne vivent actuellement dans des villes, et la contribution de ces zones urbaines aux émissions globales de gaz à effet de serre est élevée. L’amélioration de leur durabilité et de leur efficacité énergétique sera donc essentielle pour garantir la réalisation des objectifs climatiques nationaux et européens.

Un rapport sur la manière d’accélérer la mise en place de villes intelligentes dans dix pays européens, publié par Vodafone au début du mois, a révélé que 88 % des villes avaient entamé leur transformation numérique et que 69 % prévoyaient d’investir dans des solutions technologiques au cours des trois prochaines années. Le rapport a toutefois identifié plusieurs difficultés auxquelles sont confrontées les villes qui cherchent à se numériser.

Sur le plan social, bien que les solutions technologiques puissent offrir des avantages tels qu’une mobilité améliorée, un plus grand bien-être et des services plus fluides, le vieillissement des populations, la ségrégation urbaine et les problèmes d’accessibilité ont été identifiés comme des éléments négatifs potentiels.

En matière d’impact économique des villes intelligentes, Vodafone estime que l’augmentation des opportunités d’emploi, le renforcement de la compétitivité des entreprises et l’amélioration des retours sur investissement dans les solutions technologiques constituent des avantages majeurs. Le manque de logements abordables et l’augmentation potentielle des vecteurs de cyber-attaques figurent toutefois parmi les principales complications constatées.

Enfin, en ce qui concerne les conséquences de l’urbanisation numérique sur l’environnement, les principaux avantages d’une telle transition sont des réseaux plus respectueux de l’environnement, une réduction de la pollution et des émissions et une utilisation plus efficace des services.

Toutefois, les taux élevés de consommation dans les zones urbaines, ainsi que la nécessité de systèmes de gestion des déchets plus efficaces, ont été présentés comme les principales difficultés.

Bien que ces problèmes puissent résulter de la mise en œuvre des villes intelligentes, il existe également plusieurs obstacles susceptibles d’entraver leur déploiement.

Dans le cadre de ses recherches, Vodafone a constaté que le manque de financement était l’obstacle le plus fréquemment cité au déploiement de solutions innovantes. Ce problème est d’autant plus important si la ville est petite.

Les questions d’ordre législatif, réglementaire ou politique ont été identifiées comme le deuxième problème le plus important, un quart des villes le citant comme un problème critique.

Cependant, à la différence des questions financières, ce problème est considéré comme plus important dans les grandes villes, qui ressentent également plus fortement le manque d’infrastructures adéquates que les villes moins peuplées.

À l’occasion d’un événement organisé pour marquer la Journée de l’efficacité énergétique, jeudi (13 octobre), les parties prenantes ont souligné l’importance du financement et de l’intégration des systèmes pour assurer le succès des villes numérisées.

« Le financement de l’efficacité énergétique est l’un des grands défis à relever pour mener à bien cet agenda », a noté Luigi Petito, responsable du secrétariat de l’Alliance européenne pour l’économie d’énergie (European Alliance to Save Energy).

Le problème réside en partie dans le fait que la numérisation et la rénovation durable des villes se font souvent quartier par quartier et à des degrés divers.

Ralf Goldmann, chef de division à la Banque européenne d’investissement, a indiqué que cela se reflétait dans son financement, qui se fait principalement par le biais de structures distinctes plutôt que de manière globale.

Il faudrait réfléchir, a-t-il ajouté, à « la manière dont nous pouvons faire avancer l’agenda à la fois sur le plan technique et sur le plan de la communication politique, et ensuite à la manière dont nous pouvons apporter le financement aux bonnes personnes, ce qui pourrait également constituer une réflexion sur le type de modèles commerciaux à développer ».

La nécessité d’une collaboration entre les secteurs pour assurer le bon fonctionnement des solutions numérisées a été mise en évidence à plusieurs reprises au cours de la discussion.

« Vous devez collaborer », a conclu Oliver Kraft, vice-président exécutif de Siemens. « Ce n’est pas une question de technologie, c’est une question de comment nous appliquons, comment nous utilisons et comment nous identifions la technologie. »