L’Espagne annule un contrat de munitions de plusieurs millions d’euros avec Israël après la révélation d'un média

L’Espagne a annulé un contrat de 6,5 millions d’euros conclu avec une société militaire israélienne pour l’achat de munitions destinées à la police militarisée du pays, a annoncé le ministère espagnol de l’Intérieur après que l’affaire a été révélée dans les médias.

EFE avec EURACTIV.com
New Rheinmetall ammunition plant in Unterluess
Le contrat controversé a été attribué le 21 octobre par Madrid à l’entreprise Guardian Homeland Security SA pour plus de 15 millions de balles 9x19 millimètres Parabellum-NATO. [EPA-EFE/FABIAN BIMMER / POOL]

L’Espagne a annulé un contrat de 6,5 millions d’euros conclu avec une société militaire israélienne pour l’achat de munitions destinées à la police militarisée du pays, a annoncé le ministère espagnol de l’Intérieur après que l’affaire a été révélée dans les médias.

Des sources au sein du ministère espagnol de l’Intérieur, dirigé par Fernando Grande-Marlaska (PSOE/S&D), ont indiqué mardi 29 octobre, que d’autres entreprises d’armement israéliennes seraient également exclues des futurs contrats avec Madrid tant que le conflit à Gaza se poursuivrait.

« Le gouvernement espagnol maintient son engagement de ne pas vendre ou acheter d’armes à l’État israélien depuis le déclenchement du conflit armé sur le territoire de Gaza », peut-on lire dans un communiqué publié par le ministère de l’Intérieur.

La réaction du ministère de l’Intérieur intervient après la demande des partenaires du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez (PSOE) à l’exécutif progressiste de faire la lumière sur un contrat d’achat de munitions pour la Guardia Civil (corps national de gendarmerie en Espagne), après que l’affaire a été révélée par Cadena SER.

Le contrat controversé a été attribué le 21 octobre par Madrid à l’entreprise Guardian Homeland Security SA pour plus de 15 millions de balles 9×19 millimètres Parabellum-NATO.

Aussitôt que l’exécutif a eu connaissance de l’attribution du marché à l’entreprise israélienne, une procédure a été rapidement lancée pour « mettre fin au contrat avec cette entreprise », a souligné mardi la porte-parole du gouvernement, Pilar Alegría.

« L’engagement du gouvernement espagnol de ne pas acheter ou vendre d’armes à Israël reste intact », a-t-elle ajouté, selon la chaîne publique espagnole RTVE.

Tant la plateforme de gauche Sumar, partenaire mineur du gouvernement de Pedro Sánchez, que son ancien allié Podemos, ainsi que d’autres partis d’extrême gauche, dont Izquierda Unida, ont exhorté le gouvernement à suspendre les ventes d’armes à Israël, et certains souhaitent même que Madrid rompe ses relations diplomatiques et commerciales avec Tel-Aviv.

Le week-end dernier, les militants de Podemos ont voté en interne pour cesser de soutenir Pedro Sánchez à moins que Madrid ne coupe ses liens avec Israël.

Sumar et Podemos, ainsi que d’autres partis de la gauche radicale, ont qualifié de « génocide » la réponse militaire d’Israël à Gaza après les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre 2023, ce qui a contribué à une grave détérioration des relations diplomatiques entre l’Espagne et Israël.

« Dans sa dérive criminelle, Israël est allé jusqu’à tirer sur des troupes de maintien de la paix de l’ONU où se trouvaient des soldats espagnols. Alors qu’un génocide est commis, l’Espagne et le “jardin européen” ne font rien : pas d’embargo sur les armes, pas de rupture des relations », a réagi Podemos sur X mardi.

Les relations avec Israël se sont encore dégradées en mai dernier lorsque l’Espagne, l’Irlande et la Norvège ont reconnu l’État palestinien à l’initiative de Madrid.