Avec la vice-présidence obtenue par Teresa Ribera, l'Espagne va se faire entendre à Bruxelles

Avec l’obtention par Teresa Ribera du poste très convoité de vice-présidente exécutive chargée de la Transition propre, équitable et compétitive au sein du nouveau collège des commissaires, l’Espagne pourrait être en passe d'exercer la plus grande influence qu’elle n'ait jamais eue à Bruxelles.

EFE avec EURACTIV.com
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Teresa Ribera, l’ancienne ministre espagnole de la Transition écologique, est en bonne voie pour prendre le portefeuille de la Concurrence — qui fait l’objet d’une forte convoitise — et occuper le poste de vice-présidente exécutive pour une Transition propre, juste et compétitive, selon les annonces de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen ce mardi. [ [EPA-EFE/Juan Carlos Hidalgo]]

Après la nomination de Teresa Ribera au poste très convoité de vice-présidente exécutive pour une Transition propre, juste et compétitive au sein du nouveau collège des commissaires, la voix de l’Espagne devrait compter ces prochaines années à Bruxelles. Une nouveauté dont s’est félicité le Premier ministre Pedro Sánchez, mardi 17 septembre. 

Teresa Ribera, l’ancienne ministre espagnole de la Transition écologique, est en bonne voie pour obtenir le portefeuille très convoité de la Concurrence et occuper le poste de vice-présidente exécutive pour une Transition propre, juste et compétitive, selon les annonces de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mardi 17 septembre.

Certes, les commissaires doivent encore être auditionnés par le Parlement avant de prendre leurs fonctions, mais l’Espagne pourrait bien jouir d’une influence historique à Bruxelles, a commenté le Premier ministre Pedro Sánchez sur X.

Le portefeuille très convoité de la Concurrence avait été occupé par l’Espagnol Joaquín Almunia entre 2010 et 2014, avant que ce dernier ne devienne commissaire aux Affaires économiques et monétaires.

Pedro Sánchez a encore expliqué que la nomination de Teresa Ribera était « une  magnifique nouvelle pour l’Europe et une source de fierté pour l’Espagne ».

« Votre détermination et votre leadership au sein du gouvernement espagnol sont devenus un exemple pour tous, et vous pourrez désormais défendre ces mêmes valeurs depuis le cœur de l’Europe », a-t-il ajouté. Avec Teresa Ribera, l’Union européenne (UE) se dote d’une « dirigeante exceptionnelle », a encore souligné le Premier ministre espagnol.

« C’est un honneur que j’accepte avec humilité et engagement », a de son côté déclaré sur X la principale intéressée, tout en faisant l’éloge de la Danoise Margrethe Vestager, qui se retire après dix ans au même poste.

Les défis à venir

« J’ai beaucoup à apprendre de l’activité de Margrethe Vestager au cours de ces dix dernières années. Je suis en contact avec elle, nous nous connaissons et nous nous apprécions mutuellement », a expliqué Teresa Ribera.

« Elle (Teresa Ribera) dirigera les travaux visant à garantir que l’Europe est sur la bonne voie pour atteindre les objectifs du Pacte vert européen, et que nous décarbonisons et industrialisons notre économie en même temps », a souligné la présidente de la Commission lors de la présentation des futures attributions de la candidate espagnole.

Teresa Ribera devrait partager les pouvoirs exécutifs de la nouvelle Commission avec le Français Stéphane Séjourné, en charge de la Prospérité et de la Stratégie industrielle.

Dans le domaine de l’énergie, l’Espagnole s’efforcera probablement de réduire les prix de l’électricité, afin que l’UE puisse rivaliser avec d’autres puissances comme les États-Unis. La promotion des énergies renouvelables et le développement de l’« économie de l’hydrogène » seront essentiels.

Le Partido Popular (PP, PPE), principal parti d’opposition de droite en Espagne, a vivement critiqué la nomination de Teresa Ribera.

Cette dernière serait une « mauvaise » commissaire européenne, a réagi Miguel Tellado, un porte-parole du PP, avant de se réjouir que les socialistes n’aient pas de « pouvoirs législatifs ».

« Aucun membre du gouvernement de Pedro Sánchez ne nous semble acceptable pour assumer un portefeuille de ce type, et Teresa Ribera encore moins que les autres », a-t-il fait savoir, ajoutant que le PP « n’est pas favorable à l’exportation du ‘Sanchismo’ en dehors de nos frontières ».

« Elle sera une commissaire sans pouvoirs législatifs », a insisté Miguel Tellado, tout en ajoutant que c’est « un soulagement » que « les sujets les plus sensibles auxquelles il (le Parti socialiste/PSOE) pourrait aspirer », comme l’agriculture ou la pêche, « ne soient pas entre ses mains ».

Le PP devrait s’opposer à la nomination de Teresa Ribera, ont indiqué des sources à EFE.

Le PSOE de Pedro Sanchez a regretté les commentaires du PP. Patxi López, le porte-parole du parti, a déclaré que « cela démontre le poids de l’Espagne en Europe, le rôle et l’influence du gouvernement et la solvabilité et la capacité de Teresa Ribera […] Mais quoi qu’il en soit, s’ils (le PP) doivent critiquer, cela ne leur sert à rien non plus. C’est une nouvelle magnifique ».

Le portefeuille de la Concurrence : un défi majeur

Dans le secteur de la concurrence, Bruxelles doit donner son feu vert aux fusions et acquisitions de dimension européenne, et empêche les grandes entreprises d’abuser de leur position dominante sur le marché. Elle enquête aussi sur les cartels qui fixent les prix et se partagent les marchés.

En ce sens, Teresa Ribera a souligné mardi qu’œuvrer à « la construction d’un marché intérieur qui fonctionne » et dans lequel « il n’y a pas de concentration de pouvoir » a un « effet social immédiat ». 

La candidate espagnole a également rappelé que l’UE est confrontée à de « nouveaux défis » et a mis l’accent sur la concentration du marché dans le domaine numérique, sur lequel l’UE doit se pencher « pour éviter des situations qui finissent par nuire à l’économie ou aux consommateurs ».

Lorsque Teresa Ribera rejoindra officiellement la seconde Commission d’Ursula von der Leyen, l’Espagne comptera trois hauts fonctionnaires dans les institutions européennes.

Elle sera rejointe par l’ancienne ministre de l’Économie Nadia Calviño (PSOE/S&D) à la tête de la Banque européenne d’investissement (BEI) et par Luis de Guindos (PP/PPE) en tant que vice-président de la Banque centrale européenne (BCE).

[Édité par Laurent Geslin]