L’Espagne va envoyer six chars Leopard à l’Ukraine
L’Espagne va bientôt envoyer la première cargaison de six chars Leopard 2A4 à l’Ukraine, et prévoit d’envoyer d’autres véhicules blindés de fabrication allemande du même type prochainement, a confirmé mercredi la ministre de la Défense.
L’Espagne va bientôt envoyer la première cargaison de six chars Leopard 2A4 à l’Ukraine. Le pays prévoit également d’envoyer d’autres véhicules blindés de fabrication allemande du même type dans un avenir proche, a confirmé mercredi (22 février) la ministre de la Défense Margarita Robles.
S’exprimant devant le Parlement espagnol, Mme Robles (PSOE — S&D) a déclaré que l’Espagne était disposée à envoyer davantage de chars « si nécessaire et si les pays alliés [de l’OTAN, ndlr] le demandent ».
La coalition de gauche s’est trouvée confrontée à la « question [de l’envoi de chars] Leopard », qui suscite la controverse.
La secrétaire générale d’Unidas Podemos (Unies, nous pouvons) et ministre des Droits sociaux, Ione Belarra, a fait part de l’opposition de son parti à cette décision en janvier. « Il est temps de montrer la voie diplomatique », a-t-elle déclaré, alertant sur les conséquences « imprévisibles » de l’envoi de chars espagnols.
Entre temps, la ministre espagnole du Travail Yolanda Díaz (Unidas Podemos) a décrit la décision comme un « pas en avant de qualité » dans le cadre d’une « situation d’armement qui inquiète énormément les sociétés espagnole et européenne ».
Les chars Leopard 2A4 espagnols, qui seront intégrés dans un bataillon aux côtés de chars d’autres pays, font actuellement l’objet d’une mise à jour et d’un entretien afin d’être pleinement opérationnels sur le champ de bataille, a expliqué Mme Robles.
Madrid espère pouvoir les livrer à l’Ukraine d’ici la fin du mois de mars ou le début du mois d’avril, a-t-elle précisé.
Parallèlement, Mme Robles a appelé à la prudence et à la discrétion afin de ne pas révéler la quantité exacte de matériel militaire offensif espagnol envoyé par Madrid à l’Ukraine jusqu’à présent.
« Parce que je ne veux pas qu’une personne comme M. Poutine — qui a menacé hier une fois de plus l’ensemble de la communauté internationale dans les termes dans lesquels il l’a fait, allant jusqu’à suggérer la possibilité d’une attaque nucléaire — dispose de la moindre information », a expliqué Mme Robles.
Le feu vert obligatoire de l’Allemagne
Les six chars étaient stockés en « très mauvais état », avec 50 autres chars du même type, dans une installation militaire de la commune de Casetas (nord-est).
L’armée a sélectionné « ceux qui étaient en meilleur état », a expliqué la ministre dans de courtes déclarations à la presse.
Outre les travaux de réparation et de remise en état, l’Espagne forme actuellement 55 soldats ukrainiens : 40 à la manipulation des chars en tant que membres d’équipage et 10 à leur maintenance, a-t-elle souligné.
L’Espagne souhaite envoyer les chars avec leurs équipages « dûment formés », a déclaré Mme Robles. Et d’ajouter qu’avant d’approuver l’opération, Madrid « devait obtenir l’autorisation d’un gouvernement spécifique » — à savoir l’Allemagne.
Parallèlement, Mme Robles a confirmé que l’Espagne déploierait à partir d’avril, dans le cadre d’une opération de quatre mois, une batterie de missiles antiaériens de type Nasams dans le nord de l’Estonie afin de protéger son espace aérien sur le flanc est de l’OTAN.
L’Espagne possède 347 chars de combat Leopard, dont 108 du modèle 2A4, le plus ancien modèle actuellement opérationnel, qu’elle a acheté à l’Allemagne dans les années 1990. Les 239 autres sont des modèles dits 2E, une version locale assemblée en Espagne, et l’une des plus modernes.