L’extrême droite progresse mais souffre du scrutin majoritaire

Lors du premier tour des élections législatives dimanche (12 juin), les résultats ont montré une progression du bloc d’extrême droite, largement dominé par le parti de Marine Le Pen, mais qui continue de pâtir du système électoral majoritaire.

/ Euractiv France
Matrine Le Pen votes in first round of legislative elections
Marine Le Pen obtient aussi un succès personnel important, dans sa propre circonscription du Pas-de-Calais, qui l’a placée en tête, avec 53,96 % des voix. [EPA-EFE/Stephanie Lecocq]

Lors du premier tour des élections législatives dimanche (12 juin), les résultats ont montré une progression du bloc d’extrême droite, largement dominé par le parti de Marine Le Pen, mais qui continue de pâtir du système électoral majoritaire.  

En recueillant 18,68 % des suffrages, le Rassemblement national progresse par rapport aux élections législatives de 2017 (13,2 % au premier tour), en dépit d’un tassement par rapport à l’élection présidentielle d’avril dernier, lorsque Marine Le Pen recueillait 23,15 % des voix.

Le parti a malgré tout réussi à mobiliser son électorat davantage que lors des élections législatives et locales précédentes, et davantage que les autres partis d’extrême droite, dont Reconquête qui obtient 4,24 % des voix, en net recul par rapport à l’élection présidentielle (7,07 %).

206 candidats RN sont qualifiés au second tour – qui se déroulera le 19 juin prochain. Une nette avancée par rapport à 2017 : le parti de Marine Le Pen s’était alors qualifié dans 119 circonscriptions.

Marine Le Pen obtient aussi un succès personnel important, dans sa propre circonscription du Pas-de-Calais, qui l’a placée en tête, avec 53,96 % des voix. À cause de la faible participation, Marine Le Pen ne peut être élue dès le premier tour, et devra affronter Marine Tondelier, candidate de l’alliance de gauche (NUPES) qui a obtenu 23,43 % des voix.

Autre résultat notable, le candidat du Rassemblement national Rody Tolassy arrive en tête dans la 3e circonscription de la Guadeloupe, alors qu’il n’obtenait que 2 % des suffrages il y a cinq ans.

En s’exprimant depuis son fief d’Hénin-Beaumont, Mme Le Pen a appelé les Français à élire des candidats du Rassemblement national, pour une « opposition ferme mais respectueuse de nos institutions ».

En cas de duel entre un candidat de la coalition d’Emmanuel Macron et un candidat de l’alliance de gauche, elle a invité ses électeurs à « ne pas choisir entre les destructeurs d’en haut et les destructeurs d’en bas » et entre « ceux qui veulent vous priver de vos droits et ceux qui veulent vous priver de vos biens ».

Dans les autres cas de figure, la seule indication qu’elle donne est de choisir en fonction du « sens patriotique » des candidats.  

Les différents instituts de sondage estiment que le Rassemblement national pourrait obtenir quelques dizaines de députés, donc assez pour constituer un groupe (minimum 15 députés), et ainsi au moins doubler le nombre d’élus par rapport à la législature précédente. Selon l’Ifop, peuvent être élus entre 15 et 30 députés du RN, tandis que Ipsos France table sur 20 à 45 élus pour le parti de Mme Le Pen.

Un résultat qui serait décevant au regard du nombre de voix, mais qui s’explique par le mode de scrutin qui joue en défaveur des candidats les plus radicaux et extrêmes lors du second tour, étant donné qu’ils souffrent d’un effet de barrage et donc d’une absence de réserve de voix. Aussi, le parti a toujours peiné à former un grand nombre de cadres et de militants préparés et capables de remporter des élections, ce qui explique aussi la différence entre l’élection présidentielle et les élections législatives.

Quant à Reconquête !, le parti de l’ancien candidat à l’élection présidentielle Éric Zemmour, il s’effondre. Plusieurs poids lourds sont éliminés dès le premier tour, dont Éric Zemmour lui-même, Stanislas Rigault ou encore Guillaume Peltier. Le bloc d’extrême droite demeure donc largement dominé par le parti de Marine Le Pen.