Liban : réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE sur les attaques israéliennes contre la FINUL
Alors qu’Israël a intensifié ses attaques sur le Liban ce week-end, les Européens s’inquiètent de plus en plus de leur participation à la mission de maintien de la paix de l’ONU dans la région.
Alors qu’Israël a intensifié ses attaques sur le Liban ce week-end, les Européens s’inquiètent de plus en plus de leur participation à la mission de maintien de la paix de l’ONU dans la région.
Au moins quinze membres de la mission de maintien de la paix des Nations unies (FINUL) ont été blessés dans le sud du Liban ce dimanche 13 octobre, après que les troupes israéliennes ont été accusées d’avoir « pénétré de force » dans leur station, selon les Nations unies.
Au moins cinq Casques bleus avaient en outre été blessés lors de deux incidents survenus jeudi et vendredi, a indiqué l’ONU.
« Nous rappelons aux forces de défense israéliennes et à tous les acteurs leur obligation d’assurer la sécurité du personnel et des biens de l’ONU et de respecter l’inviolabilité des locaux de l’ONU à tout moment », a affirmé la FINUL dans un communiqué sur les attaques.
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, avait déclaré plus tôt dans le week-end qu’il était temps de retirer la FINUL des bastions du Hezbollah et des zones de combat dans le sud du pays.
« Monsieur le Secrétaire général, mettez les forces de la FINUL à l’écart du danger. Cela doit être fait tout de suite, immédiatement », a exhorté Benyamin Netanyahou dans un message vidéo adressé au chef de l’ONU.
La FINUL avait jusqu’à présent refusé d’accéder à ces demandes.
Cette force, composée de quelque 10 000 soldats originaires de 50 pays et de 800 civils, opère le long de la « ligne bleue » entre le Liban et Israël depuis 1978. Le Conseil de sécurité des Nations unies a récemment renouvelé son mandat pour une année supplémentaire.
Seize États membres de l’Union européenne (UE) contribuent actuellement à la mission de la FINUL sous le commandement de l’Espagne.
Les attaques contre les Casques bleus de l’ONU ont été largement dénoncées, et le responsable sortant de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, a demandé à Israël de rendre des comptes.
« De telles attaques contre les soldats de la paix de l’ONU constituent une grave violation du droit international et sont totalement inacceptables. Ces attaques doivent cesser immédiatement », a martelé Josep Borrell au nom des 27 États membres de l’UE dimanche soir.
« Nous attendons de toute urgence des explications et une enquête approfondie de la part des autorités israéliennes sur les attaques contre la FINUL, qui joue un rôle fondamental dans la stabilité du sud du Liban », a-t-il ajouté.
Participation de l’UE
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient discuter de cette question ce lundi 14 octobre à Luxembourg. Plusieurs États membres, dont la France et l’Italie, ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs en Israël.
« L’attaque et l’assassinat de Casques bleus constituent une évolution grave », a commenté un haut fonctionnaire de l’UE, sans préciser le contenu de la discussion ministérielle de lundi.
« Il y a un réel danger pour les soldats européens d’être tués dans le cadre de la mission ; nous devons voir comment y remédier », a expliqué à Euractiv un diplomate de l’UE dont le pays participe à la FINUL.
Le gouvernement italien s’est exprimé contre les autorités israéliennes après que deux bases italiennes ont été frappées « à plusieurs reprises » et « délibérément » par l’armée israélienne jeudi 10 octobre.
« Ce n’est pas une erreur, ce n’est pas un accident », a déclaré le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, lors d’une conférence de presse à la suite des événements.
Au début de la semaine dernière, Josep Borrell avait appelé au renforcement de la mission de la FINUL dans le cadre de l’intensification des efforts déployés par les Européens pour renforcer les structures politiques du Liban, afin d’aider Beyrouth à lutter contre le Hezbollah.
Au cours du week-end, 40 pays contribuant à la mission de maintien de la paix des Nations unies au Liban ont condamné les récentes attaques israéliennes dans une déclaration commune et ont demandé l’ouverture d’une enquête.
Soutien au Liban
L’escalade des tensions entre Israël et le Liban devrait figurer en bonne place à l’ordre du jour du sommet des dirigeants de l’UE, le Conseil européen, qui se tiendra à Bruxelles jeudi 17 octobre.
Selon le dernier projet de conclusions du sommet, daté du 10 octobre et consulté par Euractiv, les dirigeants de l’UE devraient « appeler à un cessez-le-feu immédiat à travers la Ligne bleue et à une mise en œuvre complète et symétrique de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU ».
Ils devraient également réitérer leur soutien aux institutions de l’État libanais et appeler au renforcement des forces armées libanaises.
Les dirigeants de l’UE diront qu’ils « soutiennent le rôle fondamental de stabilisation de la mission de l’ONU (FINUL) dans le sud du Liban et appellent toutes les parties à protéger et à soutenir l’importante mission de la FINUL ».
Selon plusieurs diplomates de l’UE, le langage devrait se durcir après les événements de ce week-end.
[Édité par Anna Martino]