Libye et gouvernance économique au menu du sommet de Bruxelles

Les dirigeants des Vingt-Sept se réunissent, jeudi 24 et vendredi 25 mars à Bruxelles, pour un Conseil européen très chargé.

EURACTIV.fr
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Les dirigeants des Vingt-Sept se réunissent, jeudi 24 et vendredi 25 mars à Bruxelles, pour un Conseil européen très chargé.

Attention, sommet sous haute tension. La situation en Libye devrait occuper une grande partie des discussions, quelques jours après le début d’une intervention contre le régime de Mouammar Kadhafi. Dans une lettre envoyée à ses homologues, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, écrit qu’il souhaite «trouver un accord sur les premières mesures concrètes à prendre pour apporter rapidement une aide aux pays de la région». 

Les Européens sont particulièrement divisés sur cette question. Alors que la France a mené le mouvement en faveur d’une action militaire, l’Allemagne s’y est fermement opposée. Angela Merkel aurait préféré soumettre la Libye à des sanctions économiques et politiques. 

Irlande et Portugal

Les Européens doivent se prononcer également sur le «pacte pour l’euro», adopté le 11 mars par les États qui partagent la monnaie unique. Il prévoit notamment que les pays membres intègrent une limite légale à la dette dans leurs législations nationales, lient les augmentations de salaires à des hausses de productivité et l’âge de la retraite à l’évolution de la démographie.

Tous les dirigeants de l’UE sont loin d’approuver ce texte. Le 18 mars, neuf États non-membres de la zone euro ont d’ailleurs écrit à Herman Van Rompuy et au président de la Commission, José Manuel Barroso, pour réclamer un «pacte de stabilité et de croissance plus fort». «Mettre les finances publiques sur une base soutenable et promouvoir la croissance ne sont pas des options. Nous ne pouvons pas retarder le premier objectif et atteindre le second», écrivent le Danemark, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Finlande, la Pologne, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni dans une lettre révélée par EUobserver.

Dans les coulisses du sommet, les chefs d’État et de gouvernement n’éviteront pas non plus la situation des pays en difficulté. Après une première sollicitation en novembre, l’Irlande pourrait en effet demander un prêt supplémentaire.

Les yeux se tourneront aussi vers le Portugal, après la démission du premier ministre José Socrates, mercredi 23 mars, à la suite du rejet de son plan d’austérité par l’opposition. Les Européens, l’Allemagne en tête, pourrait faire pression sur le pays pour accepter une aide internationale.  

Détails en juin

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), en vigueur jusqu’en 2013, serait doté d’une capacité de prêt de 440 milliards d’euros. Son successeur, le mécanisme européen de stabilité (MES), aura une puissance de tir de 500 milliards d’euros. 

Néanmoins, les dirigeants européens devraient renvoyer à plus tard les derniers détails de ces deux dispositifs. Selon un projet de conclusions, cité par l’AFP, «la préparation du traité du MES et les amendements à l’accord du FESF afin d’assurer que sa capacité de prêt effective sera de 440 milliards d’euros, seront finalisés afin de permettre que les procédures nationales soient terminées à temps pour la signature des deux accords en même temps avant la fin juin 2011».

Certains États, comme la Finlande, s’opposent à la conclusion d’un tel accord, pour l’instant. Le gouvernement de ce pays craint une augmentation des garanties accordées au FESF, à quelques semaines d’élections législatives qui doivent se tenir à la mi-avril. Un comité parlementaire finlandais a refusé de donner au gouvernement un mandat pour élargir le fonds européen.

« Tourner la page de la crise »

Nicolas Sarkozy et ses homologues se pencheront aussi sur le renforcement de la gouvernance économique. Ils poseront la première pierre du «semestre européen», adopté par les ministres des Finances en septembre. Il s’agit d’un cycle de surveillance des politiques budgétaires des États membres. 

Les Vingt-Sept doivent définir les «orientations concernant les politiques économiques nationales» pour mettre en œuvre la stratégie de l’UE à l’horizon 2020, écrit Herman Van Rompuy, dans une lettre adressée à ses homologues. 

Une fois ces orientations adoptées, les États membres devront les intégrer en avril dans leur projet de révision budgétaire. Avant l’été, les Vingt-Sept pourront émettre des critiques sur les programmes de leurs partenaires, qui finaliseront ensuite leur budget. 

«L’objectif est également que le Conseil européen adopte le vaste train de mesures qui devrait nous permettre de tourner la page de la crise financière», poursuit M. Van Rompuy.