L’industrie pharmaceutique présente son plan de décarbonation

Le syndicat des entreprises du médicament en France, le Leem, a dévoilé le plan de décarbonation du secteur pharmaceutique pour les années à venir dans un communiqué de presse publié lundi 17 juillet.

Euractiv France
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Acheminement de molécules depuis l’étranger, dispositifs médicaux en plastique à usage unique, utilisation de produits chimiques… En France, le secteur de la santé est loin d’être neutre en carbone.  [volodyar/Shutterstock]

Le syndicat des entreprises du médicament en France, le Leem, a dévoilé le plan de décarbonation du secteur pharmaceutique pour les années à venir dans un communiqué de presse publié lundi 17 juillet. 

Acheminement de molécules depuis l’étranger, dispositifs médicaux en plastique à usage unique, utilisation de produits chimiques… En France, le secteur de la santé est loin d’être neutre en carbone. 

Selon le dernier rapport du Shift Project, il émet environ 49 millions de tonnes de CO2 par an, ce qui représente près de 8 % de l’empreinte carbone du pays. 

Parmi les principales sources d’émissions : l’achat de médicaments (33 %), les dispositifs médicaux comme les gants, les seringues ou les compresses (22 %), et le transport des patients et des soignants (16 %). 

Si l’on se concentre uniquement sur le secteur pharmaceutique, soit la production et la consommation de médicaments, celui-ci émet à lui-seul 26,3 millions de tonnes de CO2 par an, selon une étude réalisée par le Leem en 2022. 

Dans l’optique de réduire son empreinte carbone, le plan de décarbonation du secteur pharmaceutique fixe des objectifs alignés sur ceux de l’Accord de Paris qui prévoit de limiter le réchauffement climatique entre 1,5° C et 2° C. 

Le premier objectif pour le secteur pharmaceutique est de réduire de 50% ses émissions de CO2 directement liées à la fabrication du produit et à sa consommation d’énergie d’ici à 2030.

Le second a pour ambition de réduire de 25% toutes les émissions indirectes de CO2, autrement dit qui ne sont pas directement liées à la fabrication d’un médicament, comme son approvisionnement, son transport ou encore son utilisation. 

Mais « malgré les efforts du secteur et un potentiel de décarbonation bien réel, il semble que les objectifs de l’Accord de Paris soient peu atteignables par tout le secteur sans actions complémentaires fortes », peut-on lire dans le rapport. 

C’est pourquoi le Leem souhaite systématiser le bilan carbone de toutes les entreprises, 60% d’entre elles ne le font pas actuellement, et mettre en place des actions dites « complexes » en termes de ressources par les entreprises. 

« Ce plan permettra d’appuyer auprès de la puissance publique du nécessaire soutien à la réalisation d’investissements coûteux par le secteur », ajoute le rapport.

En d’autres termes, les entreprises du médicament aimeraient bénéficier d’un coup de pouce financier des pouvoirs publics.  

Réduire le plastique à usage unique

L’autre grand chantier de décarbonation de l’industrie pharmaceutique est le plastique à usage unique. 

Un défi de taille dans la mesure où l’utilisation du plastique par le secteur représente parfois une obligation de répondre à des normes réglementaires d’hygiène et de sécurité. 

« Les plastiques utilisés dans les blisters, tubes et flacons représentent près de 17 millions de tonnes, soit 27% des emballages ménagers de médicaments en France », indique le Leem dans son rapport.  

Le secteur pharmaceutique veut s’aligner sur les objectifs de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), promulguée en février 2020, qui prévoit notamment la fin de la mise sur le marché des emballages en plastique à usage unique d’ici 2040. 

C’est ainsi que le secteur a rendu fin mai 2023 à l’Agence de la transition écologique à Paris (ADEME) sa feuille de route recyclage, réduction et réemploi (3R) des emballages plastiques à usage unique à l’horizon 2040. 

L’une des mesures principales concerne les emballages blisters : 100% des blisters en mono PVC/aluminium seront remplacés par des blisters recyclables d’ici à 2030 pour les médicaments nécessitant les propriétés barrières les plus faibles.

Production plus locale

A l’heure où l’Europe est frappée par des pénuries de médicament sans précédent, la question d’une production plus locale est au cœur de tous les débats. 

Mais ce mode de production pourrait également servir le verdissement de la filière pharmaceutique. 

« Le sourcing de la production en Europe, est à prévoir pour espérer une réduction conséquente sur les émissions des postes de transport amont et aval de marchandises », écrit le Leem.

Avant d’ajouter : « Concrètement, l’impact de ce levier peut être de 80% sur les postes de transport amont/aval ». 

Le 13 juin dernier, Emmanuel Macron avait déclaré que la production d’une cinquantaine de médicaments sera « relocalisée » en France, dont 25 « dans les prochaines semaines », après avoir visité le laboratoire pharmaceutique Aguettant en Ardèche.