EXCLUSIF : L'UE songe à freiner le retour des Russes et des Biélorusses dans le sport international

Ces discussions font suite à la décision prise en juillet par le Comité international olympique concernant la participation de la Russie

/ EURACTIV.com
[Photo : Oliver Hardt - International Skating Union/International Skating Union via Getty Images]

Les pays de l’UE envisagent une série de mesures pour limiter le retour des athlètes russes et biélorusses dans le sport international sous leurs drapeaux nationaux, notamment des sanctions ciblées, des restrictions en matière de visas et d’éventuelles restrictions de financement, ont indiqué plusieurs diplomates de l’UE à Euractiv.

Ces mesures ont été évoquées par le service diplomatique de l’UE et la Commission dans un document officieux ; elles ne constituent pas encore la base d’une proposition formelle de la Commission, qui devrait être présentée à un stade ultérieur.

L’une des mesures à l’étude viserait, par le biais de sanctions, des personnes liées au sport russe et biélorusse.

D’autres idées incluent d’éventuelles restrictions en matière de visas et l’utilisation des fonds européens comme moyen de pression, en limitant le soutien financier aux organisations qui autorisent des participants russes ou biélorusses à concourir sous leurs symboles nationaux.

La réduction des revenus médiatiques liés aux athlètes russes est également à l’étude, bien que les diplomates aient souligné l’existence d’obstacles importants à sa mise en œuvre.

Une autre idée consiste à prendre contact avec des pays tiers afin de les dissuader de faciliter le retour des athlètes russes et biélorusses.

Cette question fait l’objet de discussions alors que les athlètes russes et biélorusses reviennent de plus en plus nombreux aux compétitions internationales sous leur drapeau national, une approche à laquelle plusieurs pays de l’UE s’opposent depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.

Ces discussions interviennent alors que le Comité international olympique (CIO) a levé à titre provisoire, en juillet dernier, l’interdiction qui pesait sur les comités olympiques russe et biélorusse, ouvrant ainsi potentiellement la voie à la participation des athlètes aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

Pour les Jeux de Paris 2024, le CIO leur avait imposé de concourir sans drapeau national, sans hymne ni aucun autre signe d’appartenance nationale.

Les dirigeants de l’UE ont convenu en juin que, tant qu’il n’y aurait pas de paix juste et durable en Ukraine, « il ne devrait pas y avoir de normalisation de la participation de la Russie aux événements sportifs et culturels internationaux ».

Mais les gouvernements de l’UE restent divisés sur les moyens à mettre en œuvre et sur la mesure dans laquelle ils doivent intervenir dans des décisions traditionnellement laissées à l’appréciation des fédérations sportives, selon plusieurs diplomates.

Un projet de conclusions examiné par les ambassadeurs chargés des questions de sécurité au sein de l’UE a été bloqué mardi par la Slovaquie, ont indiqué trois diplomates.

Certains gouvernements font valoir que les fédérations sportives sont autonomes et doivent décider de manière indépendante, tandis que d’autres souhaitent établir une position commune selon laquelle les athlètes russes et biélorusses ne devraient pas participer aux compétitions s’ils entretiennent des liens officiels avec leurs gouvernements, a déclaré un diplomate.

Certaines capitales de l’UE estiment que les gouvernements devraient travailler directement avec les instances sportives afin d’établir une approche commune à l’échelle européenne, arguant que des politiques nationales divergentes risquent de créer des conditions inégales pour les pays accueillant des compétitions internationales.

Les diplomates de l’UE s’attendent à ce que la Commission et le service diplomatique de l’UE élaborent de nouvelles propositions avant la prochaine réunion ministérielle sur l’éducation, le sport et la culture, prévue le 20 novembre.

(bw, mm)