L’Italie ne sera plus dépendante du gaz russe d’ici la fin de l’année, selon un ministre
Selon le ministre italien de l’Entreprise et du Made in Italy, Adolfo Urso, l’Italie ne dépendra plus du gaz russe d’ici 2023. Il a notamment évoqué les deux unités de regazéification dont l’Italie s’est dotée et qui permettront au pays de s’approvisionner en gaz auprès de pays tels que l’Algérie, l’Azerbaïdjan et la Libye.
Selon le ministre italien de l’Entreprise et du Made in Italy, Adolfo Urso, l’Italie ne dépendra plus du gaz russe d’ici 2023, évoquant lundi (20 mars) les deux unités de regazéification dont le pays s’est doté.
Après 26 jours de voyage depuis Singapour, le Golar Tundra, qui peut regazéifier 5 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquide (GNL) par an, est finalement arrivé au port de Piombino, dans la province de Livourne. Avec l’autre méthanier attendu à Ravenne, en Émilie-Romagne, l’Italie devrait disposer d’une nouvelle capacité de 13 milliards de mètres cubes par an de gaz, en provenance notamment d’Algérie, d’Azerbaïdjan et de Libye.
L’Italie sera en mesure de « s’affranchir complètement de la dépendance vis-à-vis du gaz russe au cours de cette année », a ainsi déclaré M. Urso sur Radio24 lundi. « Nous sommes passés de 40 % de gaz russe en 2021 à 16 % l’année dernière, [et] avec les deux navires, nous parviendrons à notre autonomie », a-t-il ajouté.
En ce qui concerne les prix de l’énergie, le ministre a déclaré qu’il n’y avait « pas de signaux d’alarme en vue », les réserves étant actuellement pleines en raison d’un hiver exceptionnellement doux. Il a ajouté que l’accord de plafonnement des prix conclu à Bruxelles garantissait également une réduction progressive des prix au niveau mondial.
Le Golar Tundra ne sera pleinement opérationnel qu’au mois de mai, car les connexions avec le nouveau gazoduc terrestre doivent encore être achevées.
Elio Ruggieri, directeur général de SNAM FSRU Italia, a déclaré que la première cargaison pour les essais devrait arriver à la fin du mois d’avril.
Incertitudes sur le maintien du Golar Tundra
Cependant, l’arrivée des méthaniers ne réjouit pas tout le monde.
Le maire de Piombino, Francesco Ferrari (Frères d’Italie), et plusieurs comités de citoyens protestent depuis des mois contre l’installation du méthanier, invoquant des problèmes de sécurité.
Un recours contre l’installation de l’unité de regazéification dans le port de la ville toscane est toujours examiné par le tribunal administratif régional, l’audience étant prévue pour le 5 juillet prochain.
« Je m’adresse en particulier à mes concitoyens pour leur rappeler que la question est loin d’être réglée : un recours est toujours en cours […] si le tribunal décide [d’approuver le recours], le Golar Tundra devra […] quitter notre ville », peut-on lire dans une note du maire.
L’eurodéputée Susanna Ceccardi (Lega – groupe Identité & Démocratie) est intervenue pour défendre M. Ferrari.
Elle a reproché au gouverneur de Toscane Eugenio Giani d’avoir bloqué, en 2008, un projet de l’Union européenne pour un gazoduc « moins coûteux » et « beaucoup moins polluant et impactant qu’une unité de regazéification ».
« Nous devons renverser la vapeur et montrer à la gauche qu’elle n’est pas véritablement écologiste. Ils ne cessent de parler d’écologisme et ne s’intéressent pas aux faits », a souligné Mme Ceccardi.