L’Italie s’oppose à la mention d’un « avortement sûr et légal » dans le projet de communiqué du G7

L’Italie tente de faire disparaître la référence à un « avortement sûr et légal » dans la partie du communiqué du Groupe des Sept (G7) concernant les droits sexuels et reproductifs, a appris Euractiv.

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Italian Prime Minister Meloni holds traditional end-of-year press conference
L’intention d’inclure dans le communiqué du G7 une référence à l’importance de préserver et d’assurer un accès effectif à l’avortement sûr et légal et aux soins post-avortement s’est heurtée à l’opposition de la Première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni. [EPA-EFE/RICCARDO ANTIMIANI]

L’Italie tente de faire disparaître la référence à un « avortement sûr et légal » dans la partie du communiqué du Groupe des Sept (G7) concernant les droits sexuels et reproductifs, a appris Euractiv.

Les dirigeants du G7 — Italie, France, Allemagne, Royaume-Uni, Canada, États-Unis, Japon — se rencontrent en Italie de jeudi à samedi (13-15 juin). Leurs discussions seront principalement axées sur la situation en Ukraine, mais un large éventail d’autres questions, telles que les droits sociaux, l’intelligence artificielle et la santé seront également abordées.

Avant le début du sommet, les États-Unis, le Japon, la France et l’Allemagne avaient pris l’initiative d’inclure une référence aux « avortements sûrs et légaux » dans le texte, mais ils ont rencontré l’opposition de l’Italie, selon des personnes au fait de la question.

L’année dernière, la déclaration d’Hiroshima appelait à un engagement total en faveur de la réalisation de droits complets en matière de santé sexuelle et reproductive pour tous.

Les dirigeants du G7 avaient déclaré qu’ils s’efforceraient de « parvenir à des droits complets en matière de santé sexuelle et reproductive pour tous, y compris en abordant la question de l’accès à un avortement sûr et légal et aux soins post-avortement ».

Ils se sont également engagés à mettre en échec les tentatives visant à saper et à inverser les progrès accomplis dans ce domaine.

En avril, les ministres des Affaires étrangères du G7 s’étaient engagés à promouvoir la santé et les droits sexuels et reproductifs, sans toutefois mentionner spécifiquement le droit à l’avortement.

Toutefois, l’intention d’inclure dans le communiqué du G7 une référence à l’importance de préserver et d’assurer un accès effectif à l’avortement sûr et légal et aux soins post-avortement s’est heurtée à l’opposition de la Première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni, dont le pays assure actuellement la présidence du groupe.

« Il semble que [Giorgia] Meloni ait été encouragée par les résultats [de son parti aux élections européennes] à promouvoir un programme encore plus conservateur », a confié à Euractiv un diplomate du G7, sous couvert d’anonymat.

En effet, au terme du scrutin du week-end dernier, le parti de la dirigeante italienne, Fratelli d’Italia, est arrivé en tête, obtenant 24 sièges au Parlement européen (14 sièges de plus que lors du précédent scrutin européen) grâce à ses 28,8 % de voix.

Le bilan des politiques en faveur des femmes de Giorgia Meloni

Depuis son arrivée à la tête du pays en 2022, la Première ministre italienne a souvent suscité de vives réactions de la part de groupes de femmes et d’ONG.

Au début de l’année, son gouvernement a déclenché un débat politique animé lorsqu’il a ajouté des mesures à la loi préexistante sur l’avortement (également appelée loi 194), qui permettront désormais aux militants anti-avortement de pénétrer dans les cliniques où l’on pratique l’avortement. Celles-ci sont déjà rares en Italie en raison des soi-disant « objecteurs de conscience », des médecins qui refusent d’exécuter des interruptions volontaires de grossesse (IVG) en raison de convictions personnelles.

Autre mesure qui a suscité la colère des associations de femmes et de la société civile, l’exécutif de Giorgia Meloni a réduit de 70 % le financement de la prévention de la violence faite aux femmes l’année dernière. ActionAid a calculé que ces fonds sont passés de 17 millions d’euros alloués en 2022 par le gouvernement de Mario Draghi à 5 millions d’euros en 2023.

La rhétorique de Giorgia Meloni, cependant, a souvent mis l’accent sur son rôle positif en tant que première femme Première ministre d’Italie — ce que la dirigeante de l’opposition Elly Schlein (Partito Democratico/S&D) a critiqué à plusieurs reprises, soulignant les politiques « anti-femmes » que le gouvernement de Giorgia Meloni aurait poursuivies.

Anna Brunetti a contribué à la rédaction de cet article.

[Édité par Anna Martino]