L'opposition allemande demande de revoir la politique d'immigration suite à une attaque au couteau meurtrière

Au lendemain d’une attaque meurtrière au couteau en Allemagne, le principal parti d’opposition dans le pays exhorte le chancelier à abandonner la politique actuelle d’immigration et à collaborer à la mise en œuvre de mesures strictes visant à freiner l’afflux d’immigrés.

EURACTIV Allemagne
Festive event on the occasion of Wolfgang Schauble’s 50th anniversary in parliament
Critiquant la réponse inadéquate du gouvernement à la « série d’attaques au couteau », Friedrich Merz a présenté sa vision d’une politique d’asile plus stricte. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN / POOL]

Au lendemain d’une attaque meurtrière au couteau en Allemagne, le principal parti d’opposition exhorte le chancelier Olaf Scholz à abandonner la politique d’immigration du gouvernement et à collaborer à la mise en œuvre d’une série de mesures strictes visant à freiner l’afflux d’immigrés.

Trois personnes ont été tuées et huit blessées lors d’une attaque au couteau dans le centre de la commune de Solingen, dans le Land de Rhénanie-du-Nord–Westphalie (centre ouest), vendredi soir (23 août). Le suspect, un Syrien de 26 ans, s’est rendu un jour plus tard.

En réaction, Friedrich Merz, chef de file de l’opposition conservatrice des chrétiens-démocrates (CDU/PPE), a déclaré dans sa newsletter hebdomadaire publiée ce dimanche 25 août que la politique d’immigration actuelle de l’Allemagne devait être inversée, et a exhorté le chancelier à collaborer avec lui.

Critiquant la réponse inadéquate du gouvernement à la « série d’attaques au couteau », Friedrich Merz a présenté sa vision d’une politique d’asile plus stricte.

Il préconise notamment l’introduction de contrôles permanents aux frontières, en plus de la pratique de plus en plus courante consistant à restreindre la liberté de circulation au sein de l’espace Schengen de l’Union européenne.

Parallèlement, l’Allemagne devrait « rétablir les règles du règlement de Dublin », selon lesquelles il est impossible de demander l’asile si le demandeur est passé par un autre pays de l’UE avant d’arriver en Allemagne.

Il a également suggéré de revenir sur la nouvelle loi allemande relative à la nationalité, qui a récemment réduit le temps nécessaire à l’obtention de la nationalité allemande.

À l’approche des élections régionales dans l’est de l’Allemagne, la politique d’immigration du pays et le renforcement des contrôles aux frontières sont devenus des thèmes de campagne, au même titre que la guerre en Ukraine, en particulier pour le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD/ENS), en tête des sondages dans deux des trois Länder concernés par les élections, suivi de près par le parti conservateur CDU de Friedrich Merz.

Le chef de file de l’opposition conservatrice a lui-même accusé la politique d’immigration laxiste d’Olaf Scholz d’être à l’origine d’attaques comme celle de vendredi dernier.

« Les réfugiés sont impliqués dans la majorité [des attaques au couteau] et les motivations islamistes sont à l’origine de la plupart des attaques », a-t-il déclaré.

Samedi, l’État islamique de Syrie a affirmé que l’agresseur était un « soldat de l’État islamique » qui avait commis cette attaque « pour se venger des musulmans en Palestine et partout ailleurs ». Les procureurs fédéraux enquêtent actuellement sur le migrant, qu’ils soupçonnent d’appartenir à une organisation terroriste.

« Je vous demande de vous joindre à nous pour prendre rapidement et sans plus attendre des décisions visant à empêcher de nouvelles attaques terroristes comme celle de vendredi dernier dans notre pays », a écrit Friedrich Merz dans sa newsletter, en s’adressant directement au chancelier.

Tous ceux qui, au sein de la coalition au pouvoir, ne soutiennent pas les nouvelles mesures en matière d’immigration « doivent être mis à l’écart », a-t-il ajouté.

S’adressant aux médias dimanche 25 août, le vice-chancelier Robert Habeck (Verts) a exprimé des doutes sur le fait que ce crime terrible aurait pu être évité avec des lois plus strictes.

La ministre de l’Intérieur, Nancy Faeser (SPD/S&D), a toutefois déclaré au groupe de médias Funke que le gouvernement allait maintenant discuter « des instruments que nous devons encore affiner pour lutter contre la terreur et la violence, et des pouvoirs dont nos autorités de sécurité ont besoin à l’heure actuelle ».

« En tant qu’État, nous répondrons à cet acte de terrorisme avec toute la rigueur nécessaire et nous combattrons de manière cohérente la menace islamiste », a-t-elle ajouté.