L’OTAN devrait approuver de nouveaux plans de défense au sommet de Vilnius
Lors du sommet de Vilnius, les dirigeants de l’OTAN devraient approuver de nouveaux plans de défense destinés à définir la réponse des alliés à d’éventuelles attaques. Toutefois, à une semaine du sommet, les détails sont encore en cours d’élaboration.
Lors du sommet de Vilnius (11-12 juillet), les dirigeants de l’OTAN devraient approuver de nouveaux plans de défense destinés à définir la réponse des alliés à d’éventuelles attaques. Toutefois, à une semaine du sommet, les détails sont encore en cours d’élaboration.
Les membres devraient « approuver trois plans régionaux, qui expliquent ce que [chaque pays] doit faire, compte tenu de la géographie des régions, pour assurer la dissuasion et la défense, dans tous les domaines — spatial, cybernétique, terrestre, maritime, aérien », a indiqué l’amiral Rob Bauer, président du Comité militaire de l’OTAN (CMC), à la presse à Bruxelles lundi (3 juin).
Une fois les plans approuvés, les membres de l’OTAN et l’état-major militaire de l’Alliance les mettront en œuvre au moyen d’exercices et d’investissements.
Au sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Madrid l’année dernière, les membres ont décidé d’accroître leur présence sur le flanc oriental afin de dissuader d’éventuelles attaques et de renforcer l’état de préparation à la défense.
S’appuyant sur le sommet de Madrid de 2022, au cours duquel les membres ont décidé d’accroître leur présence sur le flanc oriental, le nouveau modèle de forces mettrait en place 300 000 soldats de l’OTAN sur le territoire de l’Alliance, avec trois alertes à haut niveau de préparation pouvant être déployées en trois, dix et trente jours.
Actuellement, ces plans prévoient environ 40 000 forces sous les ordres du Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) de l’OTAN, ainsi que 100 avions et 27 navires dans la mer Baltique et la mer Méditerranée, selon le chef d’état-major adjoint des opérations du Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe (SHAPE), le général de division Matthew Van Wagenen.
Travaux en cours
Les nouveaux plans de l’OTAN sont en cours d’élaboration depuis 2018, soit depuis l’annexion de la Crimée par la Russie et l’inquiétude croissante quant à l’insuffisance des mesures actuelles face à l’évolution des menaces pour la sécurité.
« Nous avons compris que l’OTAN devait se recentrer sur la défense collective », a expliqué M. Bauer.
Les trois plans couvriront les cinq domaines : aérien, terrestre, maritime, spatial et cybernétique.
L’un des plans couvre le Grand Nord et l’Atlantique, sous la direction du Commandement des forces interarmées à Norfolk (États-Unis). Un autre plan régional central, dirigé par Brunsunn aux Pays-Bas, couvrira les pays baltes et les Alpes. Le troisième plan couvrira le sud-est de l’alliance militaire, y compris la Méditerranée et la mer Noire, avec un commandement à Naples, en Italie.
Une fois l’accord obtenu, la structure des forces sera décidée, y compris le nombre de troupes et d’équipements en état d’alerte et la structure de commandement et de contrôle.
La semaine dernière, les membres de l’OTAN se sont engagés, à titre confidentiel, à placer sous le commandement de l’OTAN un certain nombre de troupes et d’équipements provenant de leurs propres forces armées.
L’efficacité des plans de défense dépend de l’investissement et du recrutement dans les forces armées, et tous les membres « doivent s’efforcer d’atteindre un nombre plus élevé de forces avec un niveau de préparation plus élevé, de s’exercer par rapport aux plans, d’acheter les capacités requises, […] de recruter, de former, de reconstituer les stocks », a indiqué M. Bauer, sans préciser quelles ressources et dans quelles quantités elles seraient nécessaires pour atteindre l’objectif des plans.
« Si tous les investissements sont réalisés par les nations et qu’elles disposent de la formation que nous demandons, les plans seront pleinement exécutables », a affirmé M. Bauer. Mais atteindre cet objectif « prendra du temps, un nombre considérable d’années […] cela ne se fera pas du jour au lendemain ».
Il a ajouté que « le vrai travail commence après le sommet de Vilnius » et que l’optimisme est de mise, car les membres se rapprochent de leurs objectifs par rapport aux années précédentes.
Davantage de dépenses
Toutefois, M. Bauer a également appelé à une augmentation des dépenses de défense, car cela aura un impact direct sur l’exécution des plans.
Lors du sommet de juillet, les membres de l’OTAN devraient également « convenir d’un nouvel engagement en matière d’investissement dans la défense, avec 2 % non pas comme un plafond que nous nous efforçons d’atteindre, mais 2 % du PIB comme un minimum que nous devons investir dans notre défense », avait déclaré en mars le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.
Cet engagement comprend un objectif d’investissement de 20 % de ce montant dans l’équipement, mais actuellement, la plupart des membres n’atteignent pas ces deux objectifs.
M. Bauer a également déclaré qu’il fallait investir davantage dans la défense aérienne, car la guerre en Ukraine nous a rappelé à quel point il est crucial de contrôler le ciel en cas de guerre conventionnelle.
Les États baltes ont récemment demandé un soutien accru, notamment une « défense aérienne par rotation » sur leur territoire, et envisagent d’acheter de nouveaux systèmes. Berlin et 16 autres pays achèteront conjointement des systèmes de défense aérienne dans le cadre de l’initiative européenne de protection du ciel (European Sky Shield Initiative, ESSI), et le mois dernier, Paris a organisé une conférence pour aborder la question.
Besoin de flexibilité
À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les membres de l’OTAN situés sur le flanc oriental ont demandé aux alliés de renforcer leur présence dans le cadre de la Présence avancée renforcée à l’est (NATO-enhanced Forward Presence, eFP), afin de dissuader la Russie.
La semaine dernière, l’Allemagne a annoncé un renforcement de sa présence en Lituanie, après avoir promis des troupes prépositionnées sur son territoire, démontrant ainsi l’importance d’une présence sur la ligne de front.
Toutefois, M. Bauer a déclaré qu’il « serait prudent de ne pas déployer toutes les forces sur le flanc oriental, au cas où l’ennemi viendrait d’ailleurs », mais qu’il attendait plutôt une « flexibilité » de la part des membres de l’OTAN.
Par rapport à l’époque de la Guerre froide, « le front s’est considérablement élargi du fait de l’élargissement de notre Alliance, et il s’étend sur cinq domaines », a-t-il rappelé.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]