L’UE accepte d’alléger progressivement les sanctions contre la Syrie

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) se sont mis d’accord sur le principe d’un assouplissement progressif des sanctions imposées à la Syrie afin de soutenir la reprise économique du pays après la chute du régime de Bachar al-Assad.

EURACTIV.com
Leader of new Syrian administration, Ahmed al Sharaa
Le chef de la nouvelle administration syrienne, Ahmed al Charaa, tient une conférence de presse après avoir rencontré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, à Damas, en Syrie, le 22 décembre 2024. [Arda Kucukkaya/Anadolu via Getty Images]

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) se sont mis d’accord sur le principe d’un assouplissement progressif des sanctions imposées à la Syrie afin de soutenir la reprise économique du pays après la chute du régime de Bachar al-Assad.

Les nouveaux dirigeants de la Syrie, le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC), font pression depuis leur arrivée au pouvoir pour que les sanctions soient levées, afin d’améliorer la situation économique du pays déchiré par la guerre. Les États membres de l’UE avaient déjà commencé à réévaluer leur régime de sanctions il y a quelques semaines.

« Si notre objectif est d’agir rapidement, la levée des sanctions peut être annulée si de mauvaises mesures sont prises », a souligné Kaja Kallas, Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, après la décision.

La « feuille de route » de la réunion de lundi, qui devra être précisée dans les semaines à venir, prévoit la levée des sanctions sur les secteurs de l’énergie et des transports, ainsi que sur les principales institutions financières, sans préciser dans quel ordre.

Certains États membres avaient hésité à commencer par la levée des sanctions contre les institutions financières, selon des diplomates de l’UE.

Parallèlement, de nombreux États membres se sont prononcés en faveur d’une approche graduelle et réversible afin de maintenir une influence sur les nouveaux dirigeants de Damas, en conditionnant tout assouplissement à la manière dont le nouveau gouvernement syrien exercera son pouvoir.

Depuis le début de la guerre civile en 2011, la Syrie a fait l’objet de sanctions radicales de la part de l’UE, qui visent à la fois les individus et les secteurs économiques. Ces mesures comprenaient l’interdiction des exportations de pétrole syrien et des restrictions d’accès aux circuits financiers mondiaux.

Le nouveau dirigeant de facto du pays, Ahmed al-Charaa, et son groupe HTC, resteront soumis aux sanctions de l’UE, et il n’est pour l’instant pas prévu de les lever, ont indiqué des diplomates européens.

« Ce que nous ne levons pas, bien sûr, c’est tout ce qui a trait aux armes, et tout ce qui nous préoccupe encore », a précisé Kaja Kallas.

[AM]